<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Le goût de la psychanalyse</title>
	<atom:link href="http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?feed=rss2" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr</link>
	<description></description>
	<lastBuildDate>Fri, 27 Aug 2010 06:59:10 +0000</lastBuildDate>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.0.1</generator>
		<item>
		<title>La mal armée; Les affres du complexe de castration féminin</title>
		<link>http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?p=356</link>
		<comments>http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?p=356#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 27 Aug 2010 06:57:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fainsilber</dc:creator>
				<category><![CDATA[Psychanalyse]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?p=356</guid>
		<description><![CDATA[  Freud, mis au banc des accusés par les féministes, pourrait-il, de nos jours, être acquitté? La bataille n&#8217;est peut-être pas gagnée d&#8217;avance, sans doute aurait-il besoin, pour assurer sa défense, d&#8217;un bon avocat. Nous trouvons en effet dans sa correspondance une lettre (1) bien compromettante où Freud avoue son peu d&#8217;enthousiasme pour l&#8217;émancipation des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-358" href="http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?attachment_id=358"></a> </p>
<p><a rel="attachment wp-att-359" href="http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?attachment_id=359"><img class="size-full wp-image-359 alignleft" title="am_attersee" src="http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/wp-content/uploads/2010/08/am_attersee.jpg" alt="" width="350" height="349" /></a>Freud, mis au banc des accusés par les féministes, pourrait-il, de nos jours, être acquitté? La bataille n&#8217;est peut-être pas gagnée d&#8217;avance, sans doute aurait-il besoin, pour assurer sa défense, d&#8217;un bon avocat. Nous trouvons en effet dans sa correspondance une lettre (1) bien compromettante où Freud avoue son peu d&#8217;enthousiasme pour l&#8217;émancipation des femmes. Il se demande, au nom de quels avantages, elles pourraient souhaiter acquérir des droits civiques, dont le droit de vote, des droits juridiques, le droit de gérer leurs biens et surtout des droits aux études, un accès au monde de la culture, celui des lettres, des sciences et des arts? Telle est la question que se pose Freud. Il est sûr que Martha, sa fiancée, n&#8217;a pas à souhaiter de telles réalisations pour elle-même, elle trouvera le bonheur dans la douceur de son foyer, auprès de son mari et de ses enfants.<span id="more-356"></span></p>
<p>Nous ne pouvons bien sûr que regretter le fait que l&#8217;inventeur de la psychanalyse ne se soit pas fait le porte-parole des femmes pour les aider à acquérir ces droits, tout comme l&#8217;avait fait Condorcet au moment de la révolution française et un peu plus tard Jones Stuart Mill, mais sans nuldoute, Freud a été simplement victime des préjugés de son époque et de son milieu. Mais ceci est d&#8217;autant plus surprenant qu&#8217;il avait lui-même traduit en allemand l&#8217;ouvrage de Stuart Mill &laquo;&nbsp;De l&#8217;émancipation des femmes&nbsp;&raquo; (2).</p>
<p>Tout bien pesé, puisque cette lettre adressée à Martha est datée de 18.., nous pouvons peut-être accorder à Freud des circonstances atténuantes, au nom du fait qu&#8217;il n&#8217;avait pas encore inventé la psychanalyse et donc découvert, pour lui-même, les effets peu souhaitables du complexe de castration.</p>
<p><strong>La guerre des sexes</strong></p>
<p>En effet serrés l&#8217;un contre l&#8217;autre, un homme et une femme peuvent s&#8217;aimer mais peuvent aussi se dresser l&#8217;un contre l&#8217;autre. Cette guerre des sexes est liée aux séquelles du complexe de castration, celui des hommes comme celui des femmes.</p>
<p>Les relations d&#8217;amour et de haine entre les hommes et les femmes sont donc inscrites très tôt dans leur double destin, dès l&#8217;enfance, au moment de la découverte de la différence des sexes.</p>
<p>Le petit garçon, après avoir longtemps hésité sur la réalité de sa découverte, celle de l&#8217;absence de phallus d&#8217;une femme, une fois celle-ci acceptée, déplacera son intérêt pour cet organe sur une autre partie du corps de la femme, ce qui lui permettra de l&#8217;aimer, mais il pourra aussi éprouver un certain mépris pitié ou horreur pour cette créature mutilée.</p>
<p>La petite fille sera, elle, profondément dévalorisée à ses propres yeux. Elle n&#8217;éprouvera plus qu&#8217;envie, jalousie et désir de vengeance envers ces garçons, ces hommes mieux pourvus qu&#8217;elle, ces heureux possesseurs de l&#8217;organe tant convoité, sauf si elle réussit à pouvoir se dire aimée d&#8217;un homme et à attendre de lui ce dont elle a été privée.</p>
<p><strong>Les Amazones, ces femmes guerrières</strong></p>
<p>Quels peuvent être les effets néfastes du complexe de castration féminin? Le mythe des Amazones nous en donne une idée, ce sont des femmes guerrières et chasseresses. Elles se brûlent le sein droit pour pouvoir tirer à l&#8217;arc. Elles renvoient à leurs pères, des étrangers, tous leurs enfants de sexe mâle et ne gardent auprès d&#8217;elles que leurs filles. Elles vivent donc entre femmes. Ce mythe a très peu inspiré les écrivains et beaucoup plus les peintres et les sculpteurs mais ces Amazones sont souvent représentées blessées.</p>
<p>Jones donne un exemple très proche de ce mythe des Amazones, avec ce qu&#8217;il appelle le rêve heureux d&#8217;une féministe. Ce rêve a été inventé par un savant, un homme nommé Vaerting, qui a écrit un ouvrage &laquo;&nbsp;The dominant sex&nbsp;&raquo;. Il y décrit, d&#8217;une façon tout à fait fantasmatique et fantaisiste, un &laquo;&nbsp;état matriarcal originaire&nbsp;&raquo; qui n&#8217;a jamais existé dans lequel le sexe prédominant est celui des femmes : &laquo;&nbsp;Nous apprenons notamment dans ce livre que, non seulement les enfants n&#8217;appartiennent qu&#8217;à la mère &#8211; le père n&#8217;ayant aucun lien de parenté avec eux&#8230; mais encore que ce sont les femmes qui détiennent le droit de propriété. La femme a le rôle du soupirant, elle peut avoir autant de maris ou d&#8217;amants qu&#8217;il lui plaît pour autant de temps qu&#8217;elle le veuille&#8230; le mari n&#8217;existe que pour le plaisir sexuel qu&#8217;il procure à sa femme, ainsi que pour le travail qu&#8217;il effectue sous ses ordres; quant aux autres aspects de son rôle, ils rappellent ceux que l&#8217;on tolère du frelon dans la ruche&#8230; Jones rajoute ce petit commentaire : &laquo;&nbsp;On a ici la représentation du rêve heureux d&#8217;une féministe, la vision d&#8217;un paradis dont elle aurait été chassée par la révolte masculine, mais qu&#8217;elle espère retrouver un jour&nbsp;&raquo;3. Jones a sans nul doute raison mais il oublie ce faisant que ce texte a été écrit par un homme, et que cette description du pouvoir sans limites des femmes trahit donc, avant tout sa propre crainte de la toute puissance des femmes, quand aucun homme, investi de la fonction paternelle, n&#8217;intervient pour en marquer les limites.</p>
<p><strong>Un exemple qui ne manque pas de sel</strong></p>
<p>J&#8217;ai emprunté à nouveau à Jones un exemple de ces effets néfastes du complexe de castration mais cette fois-ci du côté des hommes. Il décrit la nécessité pour certains hommes de se rassurer devant les dangers de la castration par une surestimation virile. Ils éprouvent un solide mépris à l&#8217;égard des femmes qui masque en fait leur craintes de se voir châtrés par elles. Jones le décrit dans un article sur le symbolisme du sel dans le folklore et la superstition4. Il indique que le sel est posé en équivalence avec le sperme et surtout l&#8217;urine et pour le démontrer il cite donc quelques titres de journaux. Nous sommes en 1912.</p>
<p>Jones écrit : &laquo;&nbsp;Dans le folklore et la superstition, le sel de façon caractéristique, représente le principe mâle, actif, fertilisant. On peut apprécier la vérité de cette dernière phrase en observant quelques titres de la presse quotidienne, où on a l&#8217;occasion de lire : l&#8217;homme, &laquo;&nbsp;sel de la terre&nbsp;&raquo;, la science contre les partisans du droit de vote des femmes :</p>
<p>&laquo;&nbsp;Tandis que les suffragettes clament partout leur égalité avec l&#8217;homme- si ce n&#8217;est leur supériorité sur lui &#8211; , il appartenait aux savants d&#8217;établir que l&#8217;homme est littéralement &laquo;&nbsp;le sel de la terre&nbsp;&raquo;. Deux célèbres hommes de science français viennent de rendre public le résultat d&#8217;une longue série d&#8217;expériences, qui les convainquent qu&#8217;aucun doute n&#8217;est permis: la femme de par l&#8217;infériorité de la teneur de son sang en chlorure de sodium, ne saurait être l&#8217;égale de l&#8217;homme&#8230;&nbsp;&raquo; L&#8217;acte d&#8217;accusation ne s&#8217;arrête pas là; en effet ces savants déclarent ensuite que leur recherche en physiologie et en psychologie prouve l&#8217;infériorité de la femme par rapport à l&#8217;homme dans tous les domaines &#8211; intelligence, bon sens et force physique. Inutile donc de poursuivre, nous retrouvons là, déployés, explicités en toute naïveté, tous les ingrédients qui fondent le racisme.</p>
<p><strong>Une étude studieuse de l&#8217;envie du pénis dans le texte de Freud</strong></p>
<p>Comment, malgré les effets désastreux de cette mauvaise rencontre que constitue la découverte de la différence des sexes comment y a-t-il un amour possible entre un homme et une femme?</p>
<p>La voie féminine qui permet cette expérience de l&#8217;amour ne peut être abordée qu&#8217;avec l&#8217;aide du concept clé du complexe de castration féminin que Freud a nommé &laquo;&nbsp;Pénisneid&nbsp;&raquo; et qui est traduit en français par le terme &laquo;&nbsp;Envie du pénis&nbsp;&raquo; (5 ).</p>
<p>On ne peut, pour saisir toute sa portée conceptuelle, se contenter de cette formule lapidaire donnée par Freud: &laquo;&nbsp;La petite fille est dès lors en proie à l&#8217;envie du pénis&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Chacune des occurrences de ce terme est, en effet, essentielle à retrouver et à replacer dans son contexte, pour mieux saisir, tout d&#8217;abord, avec quelles difficultés, mais aussi avec quel brio, Freud a réussi à explorer ce champ resté encore de nos jours très mystérieux de la sexualité féminine.</p>
<p><strong>1905 &#8211; Premier constat clinique</strong></p>
<p>Le Pénisneid apparaît pour la première fois dans &laquo;&nbsp;Les trois essais sur la théorie de la sexualité&nbsp;&raquo;(6). Le garçon, lui, souffre d&#8217;un complexe de castration, craintes et angoisses relatives à la perte de son propre pénis. La fille, elle, est en proie à l&#8217;envie du pénis, au Pénisneid, qui s&#8217;exprime dans le désir d&#8217;être &laquo;&nbsp;à son tour&nbsp;&raquo; un homme.</p>
<p>Cette envie du pénis est un terme et pour cause réservé aux femmes mais il n&#8217;est encore que juxtaposé au complexe de castration. Celui-ci n&#8217;est, dans ce premier repérage, que l&#8217;apanage des hommes.</p>
<p><strong>1914 &#8211; premier constat théorique : à chacun son complexe</strong></p>
<p>L&#8217;envie du pénis est décrite comme étant la forme même du complexe de castration féminin dans le texte &laquo;&nbsp;Pour introduire le narcissisme (7)&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Il est décrit dans le cadre, ou le contexte, d&#8217;une grave atteinte narcissique que subissent les enfants des deux sexes. Le complexe de castration est posé pour la fille et pour le garçon.</p>
<p>Il est différent pour chacun des sexes : angoisse concernant le pénis pour le garçon, envie du pénis pour la fille. Ce complexe est la plus importante des &laquo;&nbsp;perturbations auxquelles est exposé le narcissisme originaire de l&#8217;enfant&nbsp;&raquo;. Il provoque des &laquo;&nbsp;réactions de défense contre ces perturbations&nbsp;&raquo; et détermine &laquo;&nbsp;les voies dans lesquelles il est forcé de s&#8217;engager. Le complexe de castration constitue une pièce maîtresse qui attend encore d&#8217;être travaillée&nbsp;&raquo;.</p>
<p><strong>1914- &laquo;&nbsp;Moi la mal venue, la mal armée, comment pourrais-je être aimée?&nbsp;&raquo;</strong></p>
<p>Toujours dans ce même texte, &laquo;&nbsp;Pour introduire le narcissisme&nbsp;&raquo;, Freud commence à décrire le destin féminin en posant le fait que le complexe de castration, l&#8217;envie du pénis, détermine la forme la plus typique du choix d&#8217;objet féminin. Il oppose tout d&#8217;abord &laquo;&nbsp;le plein amour d&#8217;objet selon le type par étayage dont le modèle est celui de la femme qui nourrit ou de l&#8217;homme qui protège &#8211; au type narcissique, celui où on s&#8217;aime soi-même dans l&#8217;autre. Puis précise que dernier choix correspond au &laquo;&nbsp;type féminin le plus fréquent et vraisemblablement le plus pur et le plus authentique. Dans ce cas, il semble que le développement pubertaire, la formation des organes sexuels féminins qui étaient restés jusque là à l&#8217;état de latence provoque une augmentation du narcissisme originaire &#8230; Il s&#8217;installe, en particulier dans le cas d&#8217;un développement vers la beauté, un état où la femme se suffit à elle-même &#8230;de telles femmes n&#8217;aiment, à proprement parler, qu&#8217;elles-mêmes, à peu près aussi intensément que l&#8217;homme les aime. Leur besoin ne les fait pas tendre à aimer mais à être aimées et leur plaît l&#8217;homme qui remplit cette fonction&nbsp;&raquo; (8).</p>
<p>Soulignons ce fait si, selon le dire de Freud, les femmes choisissent, de préférence, leur objet d&#8217;amour selon un mode narcissique, qu&#8217;elles s&#8217;aiment, avant tout, elles-mêmes, dans l&#8217;autre, c&#8217;est là qu&#8217;elles remplissent le mieux leur fonction dans la rencontre sexuelle : Elles répondent, en effet, à cette nécessité de se faire, elles-mêmes, objets d&#8217;amour des hommes, objets recelant cette&nbsp;&raquo;agalma&nbsp;&raquo;, cette merveille, qui n&#8217;est que cet objet perdu, cause du désir, toujours en vain recherché. On mesure donc ici, en 1914, l&#8217;un des premiers effets structuraux de ce Pénisneid décrit par Freud, le fait qu&#8217;il détermine le type féminin de choix d&#8217;objet.</p>
<p>Ce choix d&#8217;objet est donc décrit comme une réaction de défense, une façon de remédier à cette grave perturbation du narcissisme originaire qu&#8217;a été, pour elle, la découverte de son absence de pénis.</p>
<p><strong>1916 &#8211; L&#8217;injustice d&#8217;être une femme</strong></p>
<p>En raison des préjudices qu&#8217;elles disent avoir subis, du fait de leur privation phallique, les femmes estiment très souvent avoir droit à des compensations. Elles espèrent, au titre des dommages subis, échapper aux contraintes dues à la vie. Passe-droits et privilèges devraient leur être acquis. Freud évoque ces exigences féminines dans un bien singulier contexte en citant une tirade de Richard III, un personnage difforme et malformé de Shakespeare : &laquo;&nbsp;Moi qui ne suis pas formé pour les galants ébats ni fait pour courtiser la luxure au miroir, moi le mal équarri à qui la majesté de l&#8217;amour fait défaut pour m&#8217;aller pavaner devant une nymphe&#8230; moi qui suis amputé des charmes corporels &#8230;difforme, inachevé, dépêché avant terme en ce monde où on respire, à peine mi-bâti et de si boiteuse et déplaisante manière que les chiens aboient quand je claudique près d&#8217;eux &#8230;eh bien dès lors je suis résolu de m&#8217;avérer un scélérat et d&#8217;exécrer leurs vaines amusettes (9)&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Freud souligne, bien sûr, le fait que le dramaturge éveille la connivence du lecteur ou du spectateur, sa sympathie à l&#8217;égard des désirs de vengeance du duc de Gloucester, que les hommes et les femmes sont concernés mais il rajoute surtout ceci: &laquo;&nbsp;Nous ne voulons pas quitter les exceptions sans observer que la prétention des femmes aux privilèges et à la libération de tant de contraintes dues à la vie repose sur le même fondement. Comme nous l&#8217;apprenons par le travail psychanalytique, les femmes se considèrent comme lésées dès leur enfance et raccourcies d&#8217;un morceau et tenues à l&#8217;écart, sans qu&#8217;il en soit de leur faute et l&#8217;amertume de tellement de filles à l&#8217;égard de leur mère prend finalement racine dans le reproche que celle-ci les a fait naître femme au lieu de les avoir fait naître homme&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Dès cette date, 1916, Freud a donc déjà bien repéré les raisons fondamentales de la haine de la petite fille pour sa mère liée à son absence de pénis(10).</p>
<p><strong>1917 &#8211; La grande &laquo;&nbsp;équation symbolique&nbsp;&raquo;: &laquo;&nbsp;Selles = argent = cadeau = pénis = enfant&nbsp;&raquo;</strong></p>
<p>Cette équation, qui est décisive pour toute approche de la sexualité féminine, apparaît, pour la première fois, dans le texte &laquo;&nbsp;Sur les transpositions des pulsions et plus particulièrement dans l&#8217;érotisme anal.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Freud indique comme point de départ de son élaboration &laquo;&nbsp;le fait que selon toute apparence dans les productions de l&#8217;inconscient &#8211; idées, fantasmes et symptômes &#8211; les concepts d&#8217;excrément (argent, cadeau) d&#8217;enfant et pénis se séparent mal et s&#8217;échangent facilement entre eux&#8230; Ces éléments sont fréquemment traités dans l&#8217;inconscient comme s&#8217;ils étaient équivalents les uns aux autres et comme s&#8217;ils pouvaient se substituer sans inconvénients les uns aux autres&nbsp;&raquo;.</p>
<p>C&#8217;est grâce à chacune de ces équivalences symboliques que se trace le destin sexuel d&#8217;une femme, destin qui rend possible sa rencontre amoureuse avec un homme. Elle troque en effet son envie du pénis contre le désir de recevoir un enfant en cadeau.</p>
<p><strong>1917 &#8211; L&#8217;envie du pénis est le support des symptômes névrotiques</strong></p>
<p>La névrose révèle toujours les impasses ou les difficultés de devenir une femme. La névrose maintient en effet cette dernière du côté de la virilité et témoigne de la prévalence de ses identifications viriles : &laquo;&nbsp;Si on explore assez profondément, écrit Freud, la névrose d&#8217;une femme, il n&#8217;est pas rare qu&#8217;on finisse par buter sur le désir refoulé qu&#8217;elle a de posséder comme l&#8217;homme un pénis&nbsp;&raquo; (11). Mais de plus, à tous les moments de sa vie, lorsque pour une raison ou pour une autre son désir d&#8217;enfant ne peut être satisfait, il reprend aussitôt son ancienne forme, il redevient, par reflux de la libido, envie du pénis et le &laquo;&nbsp;porteur des symptômes névrotiques&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Mais cette envie du pénis peut aussi favoriser, pour une femme, &laquo;&nbsp;le plein amour d&#8217;objet, lorsqu&#8217;elle réussit à transposer son amour de l&#8217;organe au porteur de celui-ci&nbsp;&raquo;. Cette extension de l&#8217;amour du pénis à l&#8217;homme est une variante ou une répétition de ce qui avait déjà eu lieu lorsque l&#8217;enfant avait étendu son amour du sein à la mère porteuse de celui-ci.</p>
<p><strong>1917- De l&#8217;amour de l&#8217;organe à l&#8217;amour d&#8217;une femme pour un homme</strong></p>
<p>Freud avance donc, dans ce texte et pour la première fois, ce que serait une position féminine dite normale, celle où le désir du pénis serait transformé en désir de l&#8217;homme, indépendamment de son désir supplémentaire d&#8217;obtenir un enfant de lui. &laquo;&nbsp;Nous pourrions indiquer, écrit-il, quel destin connait le désir infantile d&#8217;avoir un pénis lorsque les conditions de la névrose sont absentes dans la vie ultérieure. Il se change alors en désir de l&#8217;homme, autrement dit, il agrée l&#8217;homme en tant qu&#8217;appendice du pénis &#8230;Pour ces femmes il devient alors possible d&#8217;avoir une vie amoureuse selon le type masculin de l&#8217;amour d&#8217;objet qui peut s&#8217;affirmer à côté du type proprement féminin dérivé, lui, du narcissisme&nbsp;&raquo;(12). Mais à tous moments, Freud le souligne, il peut y avoir régression du désir d&#8217;enfant au désir de l&#8217;organe et aussi bien, régression de l&#8217;amour pour l&#8217;homme au pénis de celui-ci.</p>
<p>L&#8217;envie du pénis subit donc trois destins : soit elle se maintient intacte mais refoulée dans la névrose, soit se transforme en désir d&#8217;enfant soit se transfère par extension et devient désir de l&#8217;homme et pas seulement de son sexe.`</p>
<p>Le désir d&#8217;enfant, lui, joue des deux versants, il participe tout à la fois aux manifestations de la névrose et à celles de la féminité dite normale.</p>
<p>C&#8217;est en fonction des transformations du Pénisneid, en rapport avec la présence ou non de la névrose, que nous mesurons beaucoup mieux la portée de ce qu&#8217;avançait Lacan à propos du complexe de castration: &laquo;&nbsp;on sait que le complexe de castration inconscient a une fonction de noeud :</p>
<p>1- Dans la structuration dynamique des symptômes au sens analytique du terme, nous voulons dire de ce qui est analysable dans les névroses, les perversions et les psychoses.</p>
<p>2- Dans la régulation du développement qui donne sa ratio à ce premier rôle, à savoir l&#8217;installation dans le sujet d&#8217;une position inconsciente sans laquelle il ne saurait s&#8217;identifier au type idéal de son sexe, ni même répondre sans de graves aléas aux besoins de son partenaire dans la relation sexuelle, voire accueillir avec justesse ceux de l&#8217;enfant qui s&#8217;y procrée&nbsp;&raquo;(13).</p>
<p><strong>1925 &#8211; Effets structuraux du Pénisneid</strong></p>
<p>Une phrase, une formule extraite du texte de Freud &laquo;&nbsp;Quelques conséquences psychologiques de la différence anatomique entre les sexes&nbsp;&raquo; permet de les repérer d&#8217;emblée: &laquo;&nbsp;Elle a vu cela, elle sait qu&#8217;elle ne l&#8217;a pas, elle veut l&#8217;avoir&nbsp;&raquo;. Elle permet en effet de répartir les trois champs distincts de la névrose, de la psychose et de la perversion avec l&#8217;aide ce ces trois verbes : Voir, savoir, avoir.</p>
<p style="text-align: center;"><img title="complexe de castration féminin" src="http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/wp-content/uploads/2010/08/complexe-de-castration-féminin1.bmp" alt="" width="498" height="220" /> </p>
<p>Mais cette même formule permet aussi de montrer comment l&#8217;envie du pénis structure certes la névrose, supporte les symptômes, mais trace aussi les chemins de la féminité. Je replace donc cette phrase dans son contexte pour pouvoir lui donner sa pleine portée:</p>
<p>Freud annonce, dans cet article, pour la première fois, sa découverte du pré-Oedipe de la petite fille, ce qu&#8217;il appelle la longue préhistoire du complexe d&#8217;Oedipe qui est caractérisée par les liens particulièrement intenses de la petite fille à sa mère.</p>
<p>Il part, pour les décrire, de ce qui est commun à la fille et au garçon, à savoir que tous deux découvrent le plaisir lié à la zone génitale : &laquo;&nbsp;selon une remarque du vieux pédiatre Linder, c&#8217;est pendant le plaisir de la succion (suçotement) que l&#8217;enfant découvre la zone génitale source de plaisir &#8211; pénis ou clitoris &#8211; Le pas suivant, dans la phase phallique, est une découverte lourde de conséquence qui échoit à la petite fille. Elle remarque le grand pénis bien visible d&#8217;un frère ou d&#8217;un camarade de jeu, le reconnaît tout de suite comme la réplique supérieure de son propre petit organe caché et elle est dès lors victime de l&#8217;envie du pénis&nbsp;&raquo;. `</p>
<p>Freud oppose maintenant les deux modes de réactions de la fille et du garçon devant leur découverte de l&#8217;autre sexe. Tandis que le garçon remet à plus tard la nécessité de tirer les conséquences de sa découverte, la fille, elle &laquo;&nbsp;a jugé et décidé&nbsp;&raquo;. &laquo;&nbsp;Elle a vu cela, elle sait qu&#8217;elle ne l&#8217;a pas et veut l&#8217;avoir14&#8243;. Dans les phrases qui suivent surgit, à ce moment là, un terme très difficile à saisir, à cerner, le terme &laquo;&nbsp;complexe de masculinité&nbsp;&raquo;.</p>
<p>&laquo;&nbsp;C&#8217;est, ici, écrit Freud, que se branche le complexe de masculinité de la femme, complexe qui peut éventuellement lui préparer de grandes difficultés dans son développement régulier si elle ne réussit pas à le surmonter rapidement&nbsp;&raquo;. Ce complexe de virilité revêt au moins deux formes, soit elle admet qu&#8217;elle ne l&#8217;a pas mais espère l&#8217;avoir un jour, soit il y a déni &#8211; le terme allemand est Verleugnung &#8211; La petite fille refuse d&#8217;accepter le fait de sa castration, elle s&#8217;entête dans sa conviction qu&#8217;elle possède bien un pénis et est contrainte par la suite de se comporter comme si elle était un homme&nbsp;&raquo;. Ce complexe de virilité est défini par Freud comme une formation réactionnelle.</p>
<p>Par contre, lorsque la prise en compte de la privation phallique est assurée, lorsque la petite fille admet ne pas l&#8217;avoir, Freud décrit alors toute une série de conséquences psychologiques d&#8217;une très grande importance : blessure narcissique, sentiment d&#8217;infériorité.</p>
<p>Jalousie avec un léger déplacement qui, au dire de Freud, serait l&#8217;apanage des femmes. Mais surtout trois ordres de faits, de conséquences qui constituent les conditions mêmes d&#8217;une juste position féminine :</p>
<p>- relâchement de la relation tendre à la mère qui est rendue responsable de cette castration.</p>
<p>- abandon de la masturbation, ce qui constitue en soi une étape importante car elle implique aussi un abandon de la virilité : &laquo;&nbsp;La masturbation du clitoris, indique Freud, est une activité masculine et l&#8217;élimination de la sexualité clitoridienne est une condition du développement de la féminité&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Donc premier point acquis, premier effet, abandon de la masturbation. Deuxième point, l&#8217;envie du pénis détermine maintenant un changement d&#8217;objet, le passage de la mère au père qui est, à son tour, élu comme objet d&#8217;amour. Freud évoque, à nouveau, le complexe de masculinité à la fin de l&#8217;Oedipe : &laquo;&nbsp;Lorsque plus tard ce lien au père fait naufrage et doit être abandonné, il peut céder devant une identification au père par laquelle la fille revient au complexe de masculinité, auquel elle se fixe éventuellement&nbsp;&raquo;.</p>
<p><strong>Avec ces quatre verbes, voir, savoir, avoir et vouloir, une approche de la structure, selon ces trois modes, psychose, névrose et perversion</strong></p>
<p>En effet si nous reprenons cette phrase : &laquo;&nbsp;Elle a vu. Elle sait qu&#8217;elle ne l&#8217;a pas. Elle veut l&#8217;avoir&nbsp;&raquo;, avec ces trois verbes, nous pouvons inscrire sur un tableau les trois registres de la psychose, de la perversion et de la névrose :</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
<p>- Nous pouvons donc poser le refus de voir comme étant du registre de la psychose avec le concept forgé par Lacan, la forclusion, isolé dans le texte freudien et défini comme un rejet de la perception.</p>
<p>- Le refus de savoir définirait la forme même du déni donc marquerait le registre de la perversion.</p>
<p>- Le refus de ne pas l&#8217;avoir permettrait enfin de distinguer du déni, le complexe de masculinité qui, lui, est du registre de la névrose. En effet, dans le cas de la névrose, il y a refus de ne pas l&#8217;avoir et non pas, comme dans la perversion, refus de le savoir.</p>
<p>- Seul le verbe Vouloir &#8211; vouloir l&#8217;avoir &#8211; inscrit le Pénisneid, l&#8217;envie du pénis proprement dite. Il permet donc à une femme l&#8217;accès de la féminité puisqu&#8217;il implique l&#8217;acceptation de sa privation phallique et introduit la dimension du désir.</p>
<p>D&#8217;ailleurs, à un certain moment, celui où la petite fille convoite le pénis de son père, Freud pour indiquer cette transformation ne parle plus d&#8217;envie du pénis mais du désir du pénis. Ces chemins de la féminité tracés par ces trois verbes sont semés d&#8217;embûches, celles surtout que provoque la névrose.</p>
<p><strong>de Freud à Lacan</strong></p>
<p>La phrase de Freud se révèle, non seulement fructueuse, pour décrire les conséquences psychologiques de la différence anatomique entre les sexes et ses effets sur les trois registres de la psychose, névrose et perversion, mais elle a encore une autre efficacité si nous la complétons de cette adjonction : &laquo;&nbsp;Pour pouvoir l&#8217;être&nbsp;&raquo;.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Elle a vu, elle sait qu&#8217;elle ne l&#8217;a pas, elle veut l&#8217;avoir&nbsp;&raquo;&#8230; pour pouvoir l&#8217;être, pour pouvoir être ce phallus, cet objet du désir de l&#8217;Autre.</p>
<p>J&#8217;ai choisi un rêve qui explicite cette nouvelle formulation et donc ce passage des élaborations théoriques de Freud à celles de Lacan. C&#8217;est le rêve de Renée, une analysante de Maurice Bouvet, rêve qui est le plus explicite quant à ce désir de l&#8217;avoir pour pouvoir l&#8217;être.</p>
<p><strong>Le rêve des lampions</strong></p>
<p>L&#8217;histoire de Renée est donc racontée par Maurice Bouvet dans un article intitulé &laquo;&nbsp;Incidences thérapeutiques de la prise de conscience de l&#8217;envie du pénis dans la névrose obsessionnelle féminine&nbsp;&raquo;15. Cette observation a été, par la suite, très longuement commentée par Lacan dans son séminaire &laquo;&nbsp;Les formations de l&#8217;inconscient&nbsp;&raquo;, justement pour démontrer ce passage de l&#8217;envie du pénis au désir du phallus. Cette modification théorique ou conceptuelle est nécessaire puisqu&#8217;elle permet aux analystes de franchir un obstacle, les impasses de la fin d&#8217;une analyse, lorsque, selon l&#8217;aveu de Freud, elle vient s&#8217;échouer sur le roc du complexe de castration, sur l&#8217;irréductible de l&#8217;envie du pénis et y faire naufrage. Cette formule, &laquo;&nbsp;elle veut l&#8217;avoir pour pouvoir l&#8217;être&nbsp;&raquo; indique donc les raisons de cette transmutation nécessaire du pénis &#8211; en tant que simple organe &#8211; au Phallus, en tant que celui-ci devient le symbole de ce qui manque à la mère, de ce qui la fait désirante.</p>
<p>Renée était donc obsessionnelle. Dés la puberté, elle vivait dans la crainte d&#8217;étrangler son père ou de jeter des épingles dans le lit de ses parents. Devenue adulte, elle souffrait d&#8217;obsessions tout à fait typiques, craintes d&#8217;empoisonner les siens avec des rognures d&#8217;ongles, craintes de contracter, elle-même la syphilis, et de contaminer ainsi ses enfants. Un rêve fait en cours d&#8217;analyse nous mène au cœur de la structure de sa névrose obsessionnelle, y manifestant en clair son désir d&#8217;avoir le phallus pour pouvoir être l&#8217;objet phallique de sa mère, celui qu&#8217;elle aurait préféré entre tous. Bouvet raconte: &laquo;&nbsp;Elle produisit&#8230; successivement deux ou trois autres rêves dans lesquels son désir d&#8217;identification masculine avec possession phallique, et la signification de ce désir, dans le cadre de ces relations avec sa mère, étaient exprimés clairement. En voici un exemple: &laquo;&nbsp;Je fais réparer ma chaussure chez un cordonnier, puis je monte sur une estrade ornée de lampions bleus, blancs, rouges, où il n&#8217;y a que des hommes &#8211; ma mère est dans la foule et m&#8217;admire&nbsp;&raquo;.</p>
<p>On ne peut donc rêver plus bel exemple à l&#8217;appui de notre formulation : c&#8217;est pour pouvoir l&#8217;être qu&#8217;elle veut l&#8217;avoir. Mais de plus, avec ce que Bouvet nous décrit des identifications masculines de Renée, nous voyons aussi surgir, aux côtés de &laquo;&nbsp;l&#8217;homme de paille de l&#8217;hystérique&nbsp;&raquo;, mais ayant une toute autre fonction, l&#8217;un des hommes d&#8217;une femme, celui que nous pourrions appeler &laquo;&nbsp;l&#8217;homme de haine de l&#8217;obsessionnelle&nbsp;&raquo;, celui qui est son objet rival, son objet de concurrence, dans l&#8217;hainamoration qu&#8217;elle éprouve pour sa mère.</p>
<p>(L. Fainsilber, Extrait de &laquo;&nbsp;La place des femmes dans la psychanalyse&nbsp;&raquo;, L&#8217;Harmattan, 1999)</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?feed=rss2&amp;p=356</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Premières approches des écritures de Lacan</title>
		<link>http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?p=355</link>
		<comments>http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?p=355#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 10 Aug 2010 07:04:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fainsilber</dc:creator>
				<category><![CDATA[Freud]]></category>
		<category><![CDATA[Lacan]]></category>
		<category><![CDATA[Psychanalyse]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?p=355</guid>
		<description><![CDATA[Dans les textes de Freud nous pouvons trouver, même si c&#8217;est dans un effet d&#8217;après-coup, tout ce que Lacan a apporté de nouveau, par exemple, ce qu&#8217;il en est des premières inscriptions symboliques constitutives de l&#8217;inconscient ainsi que l&#8217;érection de l&#8217;objet, qui en tant que perdu, peut désormais être recherché. C&#8217;est ainsi qu&#8217;il devient condition [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;"><a rel="attachment wp-att-354" href="http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?attachment_id=354"><img class="aligncenter size-full wp-image-354" title="cezanne-compotier-geant" src="http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/wp-content/uploads/2010/08/cezanne-compotier-geant.jpg" alt="" width="301" height="247" /></a>Dans les textes de Freud nous pouvons trouver, même si c&#8217;est dans un effet d&#8217;après-coup, tout ce que Lacan a apporté de nouveau, par exemple, ce qu&#8217;il en est des premières inscriptions symboliques constitutives de l&#8217;inconscient ainsi que l&#8217;érection de l&#8217;objet, qui en tant que perdu, peut désormais être recherché. C&#8217;est ainsi qu&#8217;il devient condition du désir, &laquo;&nbsp;cause du désir&nbsp;&raquo;. &laquo;&nbsp;Objet petit a&nbsp;&raquo; on le nomme.<span id="more-355"></span></p>
<p style="text-align: left;">Cette nécessaire perte de l&#8217;objet est clairement formulée dans un texte de 1925, appelé &laquo;&nbsp;La dénégation&nbsp;&raquo;. Il ne s&#8217;agit tout d&#8217;abord que d&#8217;halluciner l&#8217;objet qui a procuré satisfaction. &laquo;&nbsp;L&#8217;opposition entre le subjectif et l&#8217;objectif n&#8217;existe pas dès le début&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;le but premier et immédiat de l&#8217;épreuve de réalité n&#8217;est donc pas de trouver un objet correspondant au représenté &#8211; donc correspondant à la trace mnésique de cet objet &#8211; dans la perception réelle, mais de le retrouver, de se persuader qu&#8217;il est encore présent&nbsp;&raquo;. Il faut pourtant, comme condition de l&#8217;instauration de l&#8217;épreuve de réalité &laquo;&nbsp;que se soient perdus des objets qui avaient autrefois procuré réelle satisfaction&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: left;"><strong>Les poires de l&#8217;empereur</strong></p>
<p style="text-align: left;">Pour démontrer qu&#8217;en fait ces objets doivent être perdus deux fois, une première fois du fait du fait du sevrage, une seconde fois du fait de l&#8217;interdit de l&#8217;inceste, j&#8217;ai choisi un rêve d&#8217;une des analysants de Freud, qui a pour nom &laquo;&nbsp;rêve de poires&nbsp;&raquo;(1) parce que justement on peut y déchiffrer comment l&#8217;intervention du père dans cette histoire clinique y avait été pour le moins mise en suspens ou en attente. Freud écrit : &laquo;&nbsp;Un homme actuellement âgé de trente cinq ans raconte un rêve qu&#8217;il se rappelle bien et qu&#8217;il dit avoir eu quand il avait quatre ans : le notaire chez qui était déposé le testament de son père (il avait perdu son père à l&#8217;âge de trois ans ) apportait deux grosses poires blanches ( Kaiserbine) : on en donnait une à l&#8217;enfant, l&#8217;autre était sur l&#8217;appui de la fenêtre du salon.</p>
<p>Il se réveilla persuadé de la réalité de ce qu&#8217;il avait rêvé et demanda obstinément à sa mère la seconde poire ; il affirmait qu&#8217;elle était sur l&#8217;appui de la fenêtre du salon. Sa mère en rit&nbsp;&raquo;.</p>
<p> Freud raconte ce rêve des deux poires pour démontrer ce qu&#8217;il en est du sentiment de réalité dans le rêve et comment est figurée la répétition par le surgissement de deux objets au lieu d&#8217;un, mais il peut aussi susciter beaucoup d&#8217;autres pistes de travail, et notamment mettre en évidence comment s&#8217;inscrivent pour chaque petit sujet ces premières traces mnésiques de l&#8217;objet constitutives de l&#8217;inconscient.</p>
<p>De ce rêve, Freud nous indique que l&#8217;analysant ne peut pas en dire grand chose sinon le fait que ce notaire qui était responsable, notons le, du testament et donc de l&#8217;héritage que lui avait légué son père, lui avait effectivement apporté des poires.</p>
<p>Pourtant il rajoute aussitôt, parmi les associations de ce rêve, un autre rêve qui est loin d&#8217;être anodin et qui vient donc contredire cette affirmation : il s&#8217;agit en effet du récit d&#8217;un rêve de sa mère, rêve qu&#8217;elle lui avait raconté et donc dans lequel il était forcément partie prenante, puisqu&#8217;il lui était fatalement adressé.</p>
<p><strong>Le rêve aux deux oiseaux</strong></p>
<p>Voici le texte de ce rêve, lui aussi rapporté par Freud : &laquo;&nbsp;Elle avait deux oiseaux sur la tête et se demandait quand ils s&#8217;envoleraient, mais ils ne s&#8217;envolaient pas ; seulement l&#8217;un deux vint à sa bouche et la suça.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Ce dernier mot &laquo;&nbsp;suça&nbsp;&raquo; constitue le mot-pont, le pont &#8211; verbal, comme le nomme Freud, entre le rêve de la mère et celui de l&#8217;enfant. Ce rêve fait tout aussitôt penser au souvenir d&#8217;enfance de Léonard de Vinci. Pourtant Freud ne l&#8217;interprète pas. Il reste comme un point d&#8217;énigme aussi bien pour l&#8217;analysant que pour Freud lui-même. On pourrait penser qu&#8217;il n&#8217;ose pas s&#8217;en approcher alors que par ailleurs il prend résolument appui sur la fonction symbolique pour interpréter le rêve du fils.</p>
<p>Il écrit : &laquo;&nbsp;Les deux poires, pommes ou poires, sont les seins de la mère qui l&#8217;a nourri&nbsp;&raquo;. L&#8217;appui de la fenêtre est comme le balcon, une représentation de la poitrine. Freud insiste sur le fait que sa mère l&#8217;a effectivement nourri et plus longtemps qu&#8217;il n&#8217;est d&#8217;usage &#8211; voici donc un écho de ces deux oiseaux qu&#8217;elle ne souhaite pas voir s&#8217;envoler &#8211; et, quant au rêve du fils, il en donne cette interprétation : &laquo;&nbsp;Donne (montre) moi de nouveau le sein qui m&#8217;a nourri autrefois&nbsp;&raquo; et pour justifier sa traduction, sa transcription, souligne ce fait : &laquo;&nbsp;Il est évidemment très saisissant de voir la symbolique jouer un rôle dans le rêve d&#8217;une enfant de quatre ans, mais ceci n&#8217;est pas une exception, c&#8217;est la règle.On peut dire que le rêveur dispose des symboles dès le début de la vie&nbsp;&raquo; et il rajoute que &laquo;&nbsp;même en dehors du rêve, l&#8217;homme se sert de représentations symboliques&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Ce rêve étaye bien sûr tout ce que Lacan, relisant Freud, a élaboré de la logique du signifiant, mais surtout il met bien en évidence le fait que c&#8217;est par le désir de sa mère que ce petit sujet a été introduit au monde du symbole. Les deux poires de l&#8217;enfant font incontestablement écho aux deux oiseaux du rêve de sa mère, beaux oiseaux prêts hélas à prendre leur envol. Deux poires, deux oiseaux, deux seins, deux phallus, rien ne vient interdire cette dualité, cette réciprocité entre le fils orphelin et sa mère. Bien au contraire, c&#8217;est le notaire, celui qui est chargé de transmettre l&#8217;héritage du père, qui lui apporte ces poires de l&#8217;empereur, &laquo;&nbsp;Kaiserbine&nbsp;&raquo;, sur un plateau.</p>
<p>Si nous comparons ce rêve d&#8217; un enfant de quatre ans à celui de l&#8217;Homme aux loups fait au à peu près au même âge (2), nous ne pouvons qu&#8217;être frappés par le fait qu&#8217;aucune trace d&#8217;angoisse n&#8217;est en tout cas notée par Freud. L&#8217;enfant se réveille et demande sans coup férir, à sa mère, la seconde poire.</p>
<p>Ainsi la fonction du père, du père symbolique, que Lacan définit comme le Nom du père, celui qui est chargé de faire tiers, de faire coupure entre le désir de l&#8217;enfant et le désir de sa mère, ne s&#8217;y dessine que de son absence, en filigrane.</p>
<p>A propos de ce rêve et de ce qui s&#8217;en dévoile comme carence de la fonction paternelle s&#8217;ouvre ainsi la question de savoir ce que devient cette perte de l&#8217;objet dans les tois structures névrose, psychose et perversion.</p>
<p>Dans la névrose, l&#8217;angoisse de castration et le rapport au père occupant le devant de la scène, l&#8217;enjeu premier, celui de cet objet, objet de concurrence, reste oublié. On oublie que c&#8217;était lui qui était en question. Son deuil est remis à plus tard.</p>
<p>Je poserai bien cette hypothèse que dans la psychose cet objet n&#8217;est pas perdu car nul n&#8217;est intervenu pour le rendre caduque et que par contre dans la perversion, même s&#8217;il y a refus de cette perte, elle a quand même été entérinée. Sa symbolisation est restée en chemin, car elle oscille entre le oui et le non du démenti.</p>
<p>Avec ce rêve, dans une approche concrète, vivante et clinique, nous avons vu surgir l&#8217;objet sein, le phallus, le désir de la mère, avec ces deux oiseaux prêts à prendre leur envol, et la fonction si décisive du père.</p>
<p>Les lettres suivront.</p>
<p>Notes</p>
<p>(1) &#8211; Sigmund Freud, L&#8217;Interprétation des rêves, P.U.F., Rêve de poires, p. 319, 320.</p>
<p>(2)- Sigmund Freud, Cinq psychanalyses, P.U.F., L&#8217;Homme aux loups.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?feed=rss2&amp;p=355</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Du blanc seing de la mère aux insignes du père</title>
		<link>http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?p=308</link>
		<comments>http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?p=308#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 23 Jul 2010 08:32:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fainsilber</dc:creator>
				<category><![CDATA[Freud]]></category>
		<category><![CDATA[Hystérie]]></category>
		<category><![CDATA[Lacan]]></category>
		<category><![CDATA[Nos lectures de Dora]]></category>
		<category><![CDATA[Nos lectures de l'Homme aux rats ( cinq psychanalyses)]]></category>
		<category><![CDATA[Rêves, lapsus, traits d'esprit et symptômes]]></category>
		<category><![CDATA[egroupe des cinq psychanalyses]]></category>
		<category><![CDATA[schémas et objets topologiques de Lacan]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?p=308</guid>
		<description><![CDATA[      Comment inscrire les trois identifications freudiennes sur le graphe du désir ?  Lacan annonce que dans ces derniers séminaires des formations de l’inconscient il va se consacrer, avec l’aide du graphe du désir, à la seconde topique de Freud avec donc entre autre la question de l’identification et ses trois formes : L’identification [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p> </p>
<p><strong> <a rel="attachment wp-att-317" href="http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?attachment_id=317"><img class="alignleft size-full wp-image-317" title="250px-Skyphos_Shuvalov_Painter_Louvre_CA1588_n2" src="http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/wp-content/uploads/2010/02/250px-Skyphos_Shuvalov_Painter_Louvre_CA1588_n2.jpg" alt="" width="250" height="313" /></a><a rel="attachment wp-att-313" href="http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?attachment_id=313"></a></strong></p>
<p><strong> </strong><strong> </strong><strong>Comment inscrire les trois identifications freudiennes sur le graphe du désir ?</strong></p>
<p><strong> </strong>Lacan annonce que dans ces derniers séminaires des formations de l’inconscient il va se consacrer, avec l’aide du graphe du désir, à la seconde topique de Freud avec donc entre autre la question de l’identification et ses trois formes : L’identification primaire narcissique, première forme d’identification par incorporation, l’identification à un petit trait de l’objet, qui est celle à l’objet d’amour abandonné, la troisième étant cette identification hystérique au désir de l’Autre, celle des amies de pensionnat, ou encore celle de la Belle Bouchère identifiée à son amie, celle qui aimait le saumon.<span id="more-308"></span></p>
<p>Donc au terme de ces séances nous devrions pouvoir inscrire ces trois formes d’identification sur le graphe.Pour l’instant, de cette inscription nous ne savons qu’une chose, c’est que l’identification dite Idéal du moi, qui est donc par définition une identification symbolique s’inscrit tout au bas du graphe comme étant en quelque sorte le point d’achèvement de tous les parcours.</p>
<p style="text-align: center;"><a rel="attachment wp-att-303" href="http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?attachment_id=303"><img class="aligncenter size-full wp-image-303" title="IA" src="http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/wp-content/uploads/2010/02/IA.jpg" alt="" width="435" height="456" /></a></p>
<p>Page 5 de la sténotypie Lacan rappelle que cette identification à l’objet aimé est toujours de nature régressive.</p>
<p>Ce qui fait que l’identification au trait unaire, l’identification symbolique, celle qui marque la fin de l’Œdipe – et c’est là qu’il évoque la question de l’Œdipe inversé où en somme l’objet d’amour est le père – cette identification symbolique rejoint l’identification primaire narcissique, celle de la première demande adressée à la mère, celle que le sujet ne pouvait formuler que par la bouche de la mère, avec ses mots et donc en passer par son désir. La première forme d’identification – Identification primaire narcissique &#8211; peut s’inscrire sur le graphe à un seul étage. Elle suit le trajet de la demande de satisfaction du besoin adressée à la mère et s’achève avec retour sur le message, au point de l’identification I. A. Lacan l’appelle le « Seing » jouant de l’équivoque du sein.</p>
<p style="text-align: center;"><a rel="attachment wp-att-304" href="http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?attachment_id=304"><img class="aligncenter size-full wp-image-304" title="identification primaire narcissique" src="http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/wp-content/uploads/2010/02/identification-primaire-narcissique.bmp" alt="" width="435" height="456" /></a></p>
<p> </p>
<p>Pour l’identification au trait unaire que Lacan appelle encore « identification aux insignes du père » on ne peut l’inscrire que sur le graphe à deux étages car cette identification emprunte le circuit de la Demande signifiante et non plus seulement signifiée.</p>
<p style="text-align: center;"><a rel="attachment wp-att-305" href="http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?attachment_id=305"><img class="aligncenter size-full wp-image-305" title="identification aux insignes" src="http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/wp-content/uploads/2010/02/identification-aux-insignes.bmp" alt="" width="435" height="456" /></a></p>
<p> </p>
<p>il faut remarquer qu’au point du message qui a pour nom, non plus signifiant de grand A mais signifié de grand A, les insignes de l’Autre sont de l’ordre du symptôme, il suffit pour cela de souvenir de l’exemple princeps de Dora, identifiée à son père, elle tousse comme lui. Telle est pour elle, le trait unaire.</p>
<p>Autre remarque : on retrouve inscrite au niveau de la pulsion, sous la forme de ce S barré poinçon de grand D, de la Demande, la trace de cette identification narcissique primitive à laquelle régresse l’identification terminale de l’Œdipe, celle des insignes du père, celle dite du trait unaire.</p>
<p>Enfin on peut inscrire l’identification hystérique au désir de l’Autre comme suivant le trajet du fantasme. On peut en effet la considérer comme étant la transposition à l’étage du haut de ce que Lacan a appelé, à l’étage du bas, dans la premier graphe – celui du graphe à un étage – l’identification à l’objet métonymique de la mère.</p>
<p>On peut le schématiser ainsi :</p>
<p style="text-align: center;"><a rel="attachment wp-att-306" href="http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?attachment_id=306"><img class="aligncenter size-full wp-image-306" title="identification hystérique" src="http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/wp-content/uploads/2010/02/identification-hystérique.bmp" alt="" width="435" height="456" /></a></p>
<p>Ces trois formes d’identification viennent donc se conjuguer, se nouer au niveau du symptôme et s’achever au niveau de grand I.A. </p>
<p style="text-align: center;"><a rel="attachment wp-att-307" href="http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?attachment_id=307"><img class="aligncenter size-full wp-image-307" title="trois identifications symptôme" src="http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/wp-content/uploads/2010/02/trois-identifications-symptôme.bmp" alt="" width="435" height="456" /></a></p>
<p>Ce qu’on retrouve du reste avec le Nœud borroméen noué par le symptôme.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?feed=rss2&amp;p=308</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Au temps d&#8217;Aimée (suite)</title>
		<link>http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?p=352</link>
		<comments>http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?p=352#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 21 Jul 2010 14:26:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fainsilber</dc:creator>
				<category><![CDATA[Psychanalyse]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?p=352</guid>
		<description><![CDATA[Dans ce temps d&#8217;Aimée je voudrais encore développer ces deux points : - d’une part, ce qu’on peut trouver au titre d’éléments cliniques, comme prouvant la radicale absence de métaphore paternelle dans l’observation d’Aimée, à savoir ce que, dans une note, Lacan décrit comme étant une sorte de « perversion de l’instinct maternel » - [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a rel="attachment wp-att-351" href="http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?attachment_id=351"><img class="aligncenter size-full wp-image-351" title="les_intestines_18_juin_20061" src="http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/wp-content/uploads/2010/07/les_intestines_18_juin_20061.jpg" alt="" width="414" height="306" /></a>Dans ce temps d&#8217;Aimée je voudrais encore développer ces deux points :</p>
<p>- d’une part, ce qu’on peut trouver au titre d’éléments cliniques, comme prouvant la radicale absence de métaphore paternelle dans l’observation d’Aimée, à savoir ce que, dans une note, Lacan décrit comme étant une sorte de « perversion de l’instinct maternel »<span id="more-352"></span></p>
<p>- d’autre part, la fonction du délire érotomaniaque comme étant une tentative de remédier à ce manque de la fonction paternelle, en choisissant, en élisant ce que les psychiatres appellent « l’objet du postulat érotomaniaque ».</p>
<p>Ces femmes érotomanes étaient classiquement appelées des amoureuses de prêtres et de médecins. Mais de fait ceux qu’elles choisissent comme objet d’amour ce sont des hommes éminents, célèbres et le plus souvent inaccessibles.</p>
<p>Du temps d’Aimée, dans les années 1930, le Prince de Galles avait souvent la préférence. Je me demande quel homme éminent, tel qu’on souhaiterait être aimée de lui, pourrait être choisi de nos jours : le Prince Albert de Monaco, ou le Prince Andrew d’Angleterre, pour ne citer qu’eux ?</p>
<p><strong>« Une perversion de l’instinct maternel avec pulsion au meurtre »</strong></p>
<p>Aimée craint sans cesse pour la vie de son enfant. Il est en danger certes en raison des mauvaises intentions de ses persécuteurs et surtout de ses persécutrices mais aussi par rapport à elle-même, puisqu’elle avoue avoir peur d’être une criminelle : « Je craignais beaucoup pour la vie de mon fils, écrit la malade ; s’il ne lui arrivait malheur maintenant, ce serait plus tard, à cause de moi, je serais une mère criminelle. »</p>
<p>C’est dans ce contexte qu’on trouve, dans la thèse de Lacan, une petite note qui pourrait presque passer inaperçue et qui se révèle pourtant pleine de promesses.</p>
<p>Elle se trouve p. 265.</p>
<p>Lacan dans le corps de son texte vient de décrire, en prenant appui sur l’approche freudienne, les causes de la paranoïa d’autopunition d’Aimée en l’expliquant par «une fixation narcissique et une pulsion homosexuelle ». C’est dans ce contexte qu’il rajoute en note un autre aspect des troubles psychiques d’Aimée :</p>
<p>« Une autre forme de perversion instinctive pourrait être mise en cause par un examen très attentif de notre cas : à savoir cette perversion de l’instinct maternel avec pulsion au meurtre, que posent seulement en problème certains symptômes de la psychopathologie humaine, mais que permettent d’affirmer des faits manifestes de la psychologie animale. Une telle pulsion expliquerait l’organisation centrifuge du délire… son refoulement permettrait de comprendre une partie du comportement délirant comme une fuite loin de l’enfant… En outre elle nous donnerait une nouvelle explication de la guérison… l’assouvissement auto-punitif, qui est à la base de la guérison, aurait été déterminé en partie par la « réalisation » de la perte définitive de son enfant. »</p>
<p>Donc pour Lacan, la guérison du délire d’Aimée serait donc en partie due au fait qu’elle avait réalisé son désir de perdre son enfant. Comme si faute de pouvoir s’en séparer symboliquement, elle l’avait perdu réellement.</p>
<p>Or c’est au moment où il est question de cette nécessaire séparation entre la mère et l’enfant et ce de par l’intervention du père, que Lacan évoque à nouveau cette dite « perversion de l’instinct maternel », dans le séminaire des Formations de l’inconscient et cette fois-ci il en dit un peu plus de cette dite perversion, puisqu’il s’agit pour lui de rien de moins que d’être capable de dévorer son petit nouveau-né, de le ré-ingurgiter.</p>
<p>Ce passage se trouve dans la séance du 29 janvier 1958, l’une des séances qu’il consacre à la métaphore paternelle.</p>
<p>Il décrit trois étapes, trois temps logiques de sa mise en place. La première étape est celle où le désir de l’enfant est désir du désir de sa mère, soit désir d’être son objet métonymique, pour le dire autrement et de façon équivalente, désir d’être son phallus.</p>
<p>La seconde étape qui est la plus décisive est celle où le père intervient d’une part pour priver la mère de quelque chose que par définition elle n’a jamais eu, ce phallus et qui, pour que cette privation puisse avoir lieu, doit être élevé au rang de signifiant, donc au titre de phallus symbolique et non plus imaginaire.</p>
<p>C’est un message d’interdiction adressé à l’enfant par le père mais par l’intermédiaire du discours de la mère :</p>
<p>« Ce n’est pas simplement pour l’enfant et déjà à cette époque « tu ne coucheras pas avec ta mère, c’est aussi pour la mère « tu ne réintégreras pas – toutes les formes bien connues de ce qu’on appelle l’instinct maternel rencontre ici un obstacle – « Tu ne réintègreras pas ton produit ».</p>
<p>Chacun sait que la forme primitive de l’instinct maternel se manifeste chez certains animaux, peut-être plus encore que chez les hommes, en réintégrant, comme nous le disons élégamment, oralement ce qui est sorti par un autre côté. C’est très précisément de cela dont il s’agit.</p>
<p>Donc à cette étape, le père interdicteur certes interdit à l’enfant le corps de sa mère mais surtout protège l’enfant de la voracité maternelle.</p>
<p><strong>&laquo;&nbsp;Tu ne me dois rien d&#8217;où je te dévore&nbsp;&raquo;</strong></p>
<p>A propos de cette voracité maternelle dans l’une des dernières séances d’un Autre à l’autre, on trouve une bien étrange confidence de Lacan.</p>
<p>Il déclare qu’il est d’humeur excellente :</p>
<p>&laquo;&nbsp;&#8230; humeur qui se fonde sur ces choses qu&#8217;on a entre deux portes et qui s&#8217;appelle un espoir, en l&#8217;occasion, de ce qu&#8217;il serait possible, si les choses tournaient d&#8217;une certaine façon, que je sois libéré de cette sublimation hebdomadaire qui consiste dans mes relations avec vous.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Tu ne me vois pas d&#8217;où je te regarde&nbsp;&raquo; avais-je énoncé au cours d&#8217;un des séminaires des années précédentes, pour caractériser l&#8217;un des types de l&#8217;objet a en tant qu&#8217;il est fondé dans le regard, qu&#8217;il n&#8217;est rien d&#8217;autre que le regard.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Tu ne me dois rien d&#8217;où je te dévore&nbsp;&raquo; tel est le message que je pourrais bien recevoir de vous, sous la forme que j&#8217;ai définie sous sa forme inversée en tant qu&#8217;il est le mien, lui-même, et que je n&#8217;aurais plus chaque semaine à faire ici cet aller &#8211; et &#8211; retour autour d&#8217;un objet a qui est proprement ce que je désigne ainsi d&#8217;une formule, qui vous le sentez, &#8211; devoir &#8211; dévoration &#8211; s&#8217;inscrit dans ce qu&#8217;on appelle à proprement parler la pulsion orale qu&#8217;on ferait mieux de rapporter à ce qu&#8217;elle est : la chose placentaire, ce en quoi je me plaque comme je peux sur ce grand corps que vous constituez pour constituer de sa substance qui pourrait faire pour vous l&#8217;objet d&#8217;une satisfaction. Ma mère l&#8217;intelligence, comme disait je ne sais plus qui.&nbsp;&raquo;</p>
<p>C&#8217;est ainsi que Lacan s&#8217;exprimait au moment où il allait être obligé de quitter l&#8217;Ecole normale qui avait été jusqu&#8217;alors son lieu d&#8217;accueil. On ne peut, me semble-t-il, rêver plus belle démonstration de ce qu&#8217;est la fonction de la sublimation comme moyen de suppléance de la fonction paternelle en présence de ce grand corps monstrueux qui menace d&#8217;engloutir le sujet.</p>
<p>Il y aura encore une suite à ce temps d&#8217;Aimée. Je reprendrais cette question du délire érotomaniaque pour tenter de suppléer la métaphore maternelle, même si c&#8217;est en vain.</p>
<p>Dessin de Matemma.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?feed=rss2&amp;p=352</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Entre Ismène et Antigone</title>
		<link>http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?p=349</link>
		<comments>http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?p=349#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 15 Jul 2010 13:09:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fainsilber</dc:creator>
				<category><![CDATA[Lacan]]></category>
		<category><![CDATA[Sexualité féminine]]></category>
		<category><![CDATA[psychanalyse et littérature]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?p=349</guid>
		<description><![CDATA[En relisant le séminaire de Lacan, L’Ethique de la psychanalyse, j’ai relu bien sûr dans la foulée l’Antigone de Sophocle. A l’occasion de cette relecture je me suis demandée pour quelles raisons Lacan a abandonné soudain nos assises tragiques analytiques, celles de l’Œdipe et d’Hamlet, pour mettre en avant le personnage d’Antigone, un personnage féminin. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-350" href="http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?attachment_id=350"><img class="size-full wp-image-350 alignnone" title="klee_giardino-leggendario" src="http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/wp-content/uploads/2010/07/klee_giardino-leggendario.jpg" alt="" width="283" height="331" /></a></p>
<p>En relisant le séminaire de Lacan, L’Ethique de la psychanalyse, j’ai relu bien sûr dans la foulée l’Antigone de Sophocle. A l’occasion de cette relecture je me suis demandée pour quelles raisons Lacan a abandonné soudain nos assises tragiques analytiques, celles de l’Œdipe et d’Hamlet, pour mettre en avant le personnage d’Antigone, un personnage féminin.</p>
<p><span id="more-349"></span></p>
<p>Il semble que par rapport aux deux premières tragédies, elle est celle qui assume la tragédie familiale, celle qu’on appelle « le malheur des labdacides » en toute lucidité. Si elle en est victime, c’est en victime consentante qu’elle assume son sort, celle de son até familiale, les signes de son destin qui se répète d’une génération à l’autre à partir de la faute première, celle de leur ancêtre, Tantale. Cette tragédie d’Antigone, par rapport à celle de l’Œdipe ou de celle d’Hamlet, pourrait donc métaphoriser ainsi ce qu’il en est de ce travail de l’analyse, qui consiste effectivement à exhumer les signes de chacun de nos destins familiaux que nous répétons sans rien en savoir par nos symptômes et dans les erreurs répétées de nos vies et donc à pouvoir les assumer, de façon consciente. Oui, il en fût ainsi. Ceci est l’histoire de notre famille. Antigone serait donc celle qui assume la vérité de cette histoire mais au prix de sa vie.</p>
<p>Alors dans cette trajectoire, je me suis posée la question de savoir quel était le rôle du personnage d’Ismène, la sœur d’Antigone. N’est-elle là que pour lui servir de faire-valoir, mettre en valeur le courage et la détermination d’Antigone ? Il me semble qu’elle est plutôt avec sa sœur, un personnage clivé. Ce qui le laisse penser c’est ce long passage qu’on pourrait appeler « la complainte d’Antigone », celle où elle regrette la vie d’épouse et de mère qu’elle ne pourra avoir.</p>
<p>A la fin de cette tragédie, il y a sur scène un amoncellement de cadavres. Les deux frères d’Antigone, Etéocle et Polynice, puis Antigone qui se pend dans son tombeau avec son écharpe de lin, Hémon, son fiancé, qui après avoir tenté de tuer Créon, retourne l’arme sur lui-même et s’écroule sur le corps de sa fiancée. Puis de désespoir, la mère d’Hémon se pend. Seuls, survivent. Créon mais aussi Ismène.</p>
<p>Qu’advient-il de cette sœur d’Antigone, celle qui est passée à côté de ce destin tragique, mais qui n’en reste pas moins le témoin vivant de ce destin familial, celle qui seule, désormais, a la charge de transmettre la vérité de son histoire à ses descendants, aux descendants d’Œdipe et de Jocaste.</p>
<p>Mais entre le destin d’Ismène, la résignée, et celui d’Antigone, la révoltée, la rebelle, n’y a-t-il pas un autre choix possible ?</p>
<p> Il me semble que quand les analystes étudient avec beaucoup d’attention et de façon renouvelée, d’une génération à l’autre, ces tragédies, en tant qu’elles leur permettent de mythifier en quelque sorte leurs approches cliniques et leur évite de trahir ainsi le plus secret de l’histoire de leurs analysants, ils oublient quand même que dans ces temps anciens de la naissance de la tragédie célébrée en l’honneur de Dionysos, étaient toujours créées des comédies. Et en contre point à ces deux personnages d’Ismène et d’Antigone, deux femmes malheureuses, victimes de leur masochisme, nous oublions souvent ces femmes décidées et pleines de verve que décrivait Aristophane, aussi bien dans « Lysistrata » que dans « L’Assemblée des femmes ». Elles savaient nous communiquer la joie de vivre et surtout témoignait de l’existence de ces cultes phalliques qui élevaient ce phallus au rang de signifiant. Ainsi dans le sillage de Dionysos, dieu du vin et de la vigne, mais également dieu de la jouissance, pouvaient-elles « partir en bacchanales » et, comme en témoignait cette sympathique Lysistrata, « envoyer joyeusement leurs persiques en l’air », bien sûr grâce à leurs hommes, leurs hommes-symptômes.</p>
<p> J’ai explicitée cette approche dans l’un de mes ouvrages paru chez L’Harmattan, en décembre 1999, « La place des femmes dans la psychanalyse ».</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?feed=rss2&amp;p=349</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Définitions de la structure dans le champ de la psychanalyse</title>
		<link>http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?p=348</link>
		<comments>http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?p=348#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 30 Jun 2010 16:25:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fainsilber</dc:creator>
				<category><![CDATA[Lacan]]></category>
		<category><![CDATA[Psychanalyse]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?p=348</guid>
		<description><![CDATA[                   Les trois structures  Les analystes pour se repérer dans leur propre travail parlent souvent de la structure d&#8217;une névrose, d&#8217;une psychose ou d&#8217;une perversion. Le repérage de cette structure leur est nécessaire car elle conditionne, dans le cours du long travail que l&#8217;analysant et l&#8217;analyste vont entreprendre ensemble, ce qu&#8217;on appelle conduite de la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><img title="35ilboch44" src="http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/wp-content/uploads/2010/06/35ilboch44.jpg" alt="" width="230" height="482" />                   Les trois structures</strong></p>
<p> Les analystes pour se repérer dans leur propre travail parlent souvent de la structure d&#8217;une névrose, d&#8217;une psychose ou d&#8217;une perversion. Le repérage de cette structure leur est nécessaire car elle conditionne, dans le cours du long travail que l&#8217;analysant et l&#8217;analyste vont entreprendre ensemble, ce qu&#8217;on appelle conduite de la cure et aussi maniement du transfert.<span id="more-348"></span> A ce titre, cette structure est donc une référence indispensable de la clinique analytique.</p>
<p>Au moment où le structuralisme était en vogue et que les philosophes l&#8217;opposaient à l&#8217;existentialisme, Lacan précisait, aux journalistes qui lui posaient souvent la question, ce que, lui, en tant que psychanalyste, mettait sous ce terme de structure et quel usage rigoureux il en faisait dans la champ de la psychanalyse. C&#8217;était en décembre 1966, au moment de la sortie de son ouvrage, &nbsp;&raquo; Ecrits &laquo;&nbsp;. J&#8217;ai donc relevé quelques unes de ces occurrences.</p>
<p><strong>&nbsp;&raquo; L&#8217;inconscient est structuré comme un langage &laquo;&nbsp;</strong></p>
<p>Cette occurrence se trouve dans un interview accordé à Gilles Lapouge paru dans le Figaro littéraire en date du 1 décembre 1966 sous le titre &nbsp;&raquo; Un psychanalyste s&#8217;explique &laquo;&nbsp;. Lacan disait à ce journaliste ceci : &nbsp;&raquo; Ce qu&#8217;on voit dans Freud, c&#8217;est un homme qui est tout le temps en train de se débattre sur chaque morceau de son matériel linguistique, d&#8217;en faire jouer les articulations. Voilà Freud, un linguiste… toute l&#8217;œuvre de Freud est à déchiffrer en fonction d&#8217;une grille linguistique qui n&#8217;a été inventée qu&#8217;après lui &laquo;&nbsp;. Freud avait donc devancé Saussure. C&#8217;est par rapport à cela que Lacan affirme : &nbsp;&raquo; l&#8217;inconscient de Freud est structuré comme un langage &#8211; et entendez bien que je parle ici d&#8217;une façon radicale, je veux dire que dans l&#8217;inconscient un matériel joue selon les lois que découvre l&#8217;étude de langues positives, je précise encore, des langues qui sont ou furent effectivement parlées. Il faut tenter de dire plus avant. Et que Freud a moins découvert l&#8217;inconscient &#8211; dont l&#8217;existence était soupçonnée depuis longtemps &#8211; qu&#8217;il ne l&#8217;a établi en son lieu et qu&#8217;il n&#8217;a élaboré une méthode de déchiffrement… il fallait le coup de force de Freud pour comprendre que l&#8217;inconscient est structuré et que cette structure impose une méthode de lecture &laquo;&nbsp;.</p>
<p><strong>La structure abordée par le champ de la perversion</strong></p>
<p>J&#8217;ai retenu l&#8217;une de ces occurrences de la structure qui est particulièrement intéressante parce qu&#8217;elle est abordée, fait rare, par le champ de la perversion et surtout mise en relation avec ce qu&#8217;il appelle nommément &nbsp;&raquo; l&#8217;expérience clinique &nbsp;&raquo; du psychanalyste. Répondant à Sartre qui lui cherchait quelque querelle à propos du structuralisme, voici ce qu&#8217;il disait à Pierre Daix, au cours d&#8217;une interview parue dans les Lettres Françaises le 26 novembre 1966, sous le titre &nbsp;&raquo; Entretien &laquo;&nbsp;.. &nbsp;&raquo; J&#8217;ai pris beaucoup d&#8217;intérêt, un intérêt enraciné dans une séduction véritable, à telle reconstruction que Sartre fait dans &nbsp;&raquo; l&#8217;Etre et le néant &nbsp;&raquo; du vécu du sado-masochisme. C&#8217;est extrêmement instructif car c&#8217;est le développement même de ce qu&#8217;imagine celui qui n&#8217;a pas la structure perverse pour prendre appui sur le fantasme pervers, s&#8217;en délecter pour en justifier son propre désir, au point précis où ce désir est floué. En quoi quelque chose de clinique est atteint, mais sûrement pas la structure perverse elle-même. Il y faut l&#8217;expérience clinique, dont le manque ici fait la preuve de ce qui n&#8217;est pas accessible à la reconstitution : à la reconstitution subjective précisément, en rendant tangible la distorsion qui est inhérente à l&#8217;intuition et que seule peut réduire la référence à la structure &laquo;&nbsp;. Cette référence à la structure est donc de nécessité l&#8217;affaire du psychanalyste. Elle relève de sa compétence. Il souligne aussi, remarquons le, dans ce bref aperçu clinique, ce qu&#8217;il en est du &nbsp;&raquo; fantasme pervers &nbsp;&raquo; du névrosé qui est à différencier de la &nbsp;&raquo; structure perverse &laquo;&nbsp;, de la perversion proprement dite.</p>
<p><strong>Définitions de la structure</strong></p>
<p>Si nous retenons ce terme &nbsp;&raquo; structure perverse &nbsp;&raquo; ou encore ce qu&#8217;il appellera plus tard dans son séminaire &nbsp;&raquo; structures freudiennes des psychoses &nbsp;&raquo; comment leur donner une cohérence, les réunir en une même approche. Ce qui nous en donne la clé c&#8217;est ce qu&#8217;il définit comme un pléonasme à savoir l&#8217;association à des fins explicatives de ces deux mots : structure et langage. Voici ce qu&#8217;il en disait à Gilles Lapouge : &nbsp;&raquo; La structure n&#8217;a pas la même signification pour chacun. Ainsi pour moi, le mot structure désigne exactement l&#8217;incidence du langage comme tel dans ce champ phénoménal qui peut être groupé sous la rubrique de ce qui est analysable au sens analytique. Je précise dans le champ de ma recherche dire &nbsp;&raquo; structuré comme un langage &nbsp;&raquo; est un pléonasme &laquo;&nbsp;.</p>
<p><strong>Structure de la névrose et de la psychose</strong></p>
<p>C&#8217;est à partir de cette définition de la structure comme langage, que l&#8217;on peut parler des trois structures névrose, psychose et perversion. Dans son texte des Ecrits sous le titre &nbsp;&raquo; Fonction et champ de la parole et du langage en psychanalyse &nbsp;&raquo; Lacan oppose et caractérise la structure de la névrose et celle de la psychose toujours en référence au langage mais en y ajoutant la dimension de la parole. &nbsp;&raquo; Les symboles enveloppent… la vie de l&#8217;homme d&#8217;un réseau si total qu&#8217;ils conjoignent avant qu&#8217;il ne vint au monde ceux qui vont l&#8217;engendrer &nbsp;&raquo; par l&#8217;os et par la chair &laquo;&nbsp;, qu&#8217;ils apportent à sa naissance avec le don des astres, sinon avec le don des fées, le dessin de sa destinée, qu&#8217;ils donnent les mots qui le feront fidèle ou renégat, la loi des actes qui le suivront jusque là où il n&#8217;est pas encore et au-delà de sa mort même… Servitude et grandeur où s&#8217;anéantirait le vivant, si le désir ne préservait sa part dans les interférences et les battements que font converger vers lui les cycles du langage… &laquo;&nbsp;( p. 279) Ce désir est soutenu par la parole, parole de l&#8217;Autre, parole du sujet. C&#8217;est par rapport au langage et à la parole que Lacan caractérise alors la folie, en opposition à la névrose. &nbsp;&raquo;</p>
<p><strong>&laquo;&nbsp;Une parole qui a renoncé à se faire reconnaître&nbsp;&raquo;: la psychose</strong></p>
<p>Dans la folie, il s&#8217;agit &nbsp;&raquo; d&#8217;une parole qui a renoncé à se faire reconnaître, soit ce que nous appelons obstacle au transfert, et d&#8217;autre part, la formation d&#8217;un délire qui… interprétatif, revendicateur ou idéaliste &#8211; objective le sujet dans un langage sans dialectique. L&#8217;absence de la parole s&#8217;y manifeste par les stéréotypies d&#8217;un discours où le sujet, peut-on dire, est parlé plutôt qu&#8217;il ne parle : nous y reconnaissons les symboles de l&#8217;inconscient sous des formes pétrifiées… Mais c&#8217;est une erreur de dire que le sujet les assume : la résistance n&#8217;étant pas moindre que dans les névroses, quand le sujet y est induit dans une tentative de cure &laquo;&nbsp;(p. 280).</p>
<p><strong>&laquo;&nbsp;Une parole chassée du discours concret &nbsp;&raquo; : la névrose</strong></p>
<p>En ce qui concerne la structure de la névrose qui se manifeste par ses symptômes, l&#8217;inhibition et l&#8217;angoisse et qui est approchée dans cette référence à la parole et au langage, Lacan la définit comme &nbsp;&raquo; une parole chassée du discours concret &nbsp;&raquo; mais cependant une parole &nbsp;&raquo; de plein exercice &nbsp;&raquo; : &nbsp;&raquo; La parole est ici chassée du discours concret qui ordonne la conscience, mais elle trouve son support ou bien dans des fonctions naturelles du sujet… ou bien dans les images qui organisent… leur structuration relationnelle. Le symptôme est ici le signifiant d&#8217;un signifié refoulé de la conscience du sujet. Symbole écrit sur le sable de la chair et sur le voile de Maïa, il participe du langage par l&#8217;ambiguïté sémantique que nous avons déjà souligné dans sa constitution. Mais c&#8217;est une parole de pleine exercice, car elle inclut le discours de l&#8217;autre dans le secret de son chiffre &laquo;&nbsp;. (p. 281)</p>
<p style="text-align: center;"><strong><a rel="attachment wp-att-347" href="http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?attachment_id=347"></a></strong></p>
<p>Donc avec ce concept de la structure posé comme lié au langage, si l&#8217;analyste est à même de se repérer quant au trois structures, névrose, psychose et perversion, et qu&#8217;elle lui donne donc des indications précieuses sur ce que pourra être la conduite de la cure, le maniement du transfert, il met aussi en évidence les raisons de l&#8217;efficacité de la psychanalyse, en révélant les secrets de l&#8217;interprétation du symptôme. Lacan écrit : &nbsp;&raquo; … si pour admettre un symptôme dans la psychopathologie psychanalytique, qu&#8217;il soit névrotique ou non, Freud exige le minimum de surdétermination que constitue un double sens, symbole d&#8217;un conflit défunt par delà sa fonction dans un conflit présent non moins symbolique… il est tout à fait clair que le symptôme se résout tout entier dans une analyse de langage, parce qu&#8217;il est lui-même structuré comme un langage, qu&#8217;il est langage dont la parole doit être délivré &laquo;&nbsp;. (p.269) <!--more-->En conclusion ce concept de la structure posé comme équivalent au langage, organise le champ clinique de la psychanalyse, en mettant en évidence les trois structures de la névrose de psychose et de la perversion, en démontrant l&#8217;efficacité de la psychanalyse, dans toute la mesure où l&#8217;interprétation du psychanalyste prend appui sur cette même structure, celle du langage. Cette approche, cette rigoureuse prise en compte de la structure dans l&#8217;histoire de chacun de ses analysants est ce qui peut qualifier l&#8217;expérience clinique du psychanalyste.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?feed=rss2&amp;p=348</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>les prémisses de la métaphore paternelle &#8211; au temps d&#8217;Aimée</title>
		<link>http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?p=346</link>
		<comments>http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?p=346#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 27 Jun 2010 06:44:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fainsilber</dc:creator>
				<category><![CDATA[Psychanalyse]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?p=346</guid>
		<description><![CDATA[Aimée avait attendu à la porte d’un théâtre une actrice célèbre à l’époque et avait tenté de la blesser avec un couteau acheté quelques jours avant dans une armurerie. Rapidement désarmée, d’abord incarcérée, elle fut ensuite hospitalisée à Sainte Anne où elle devint ainsi la célèbre Aimée de Lacan, celle dont l’histoire clinique sert de référence [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a rel="attachment wp-att-345" href="http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?attachment_id=345"><img class="aligncenter size-full wp-image-345" title="l_amour_en_medaillon_10_juin2006" src="http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/wp-content/uploads/2010/06/l_amour_en_medaillon_10_juin2006.jpg" alt="" width="270" height="357" /></a></p>
<p>Aimée avait attendu à la porte d’un théâtre une actrice célèbre à l’époque et avait tenté de la blesser avec un couteau acheté quelques jours avant dans une armurerie. Rapidement désarmée, d’abord incarcérée, elle fut ensuite hospitalisée à Sainte Anne où elle devint ainsi la célèbre Aimée de Lacan,<span id="more-346"></span> celle dont l’histoire clinique sert de référence et de démonstration à la thèse de Lacan sur la paranoïa d’auto-punition. Elle alliait les trois formes de délire, délire de persécution, délire de grandeur, et érotomanie envers un personnage royal, comme le plus souvent à cette époque, l’élu de son cœur était le Prince de Galles. C’est là peut-être la seule allusion à la fonction paternelle que nous pouvons trouver dans ce texte de Lacan. Mais je le reprendrais plus loin.</p>
<p>On ne peut lire ce texte que dans un effet d’après coup de ce que Lacan élaborera beaucoup plus tard sur la structure de la psychose et notamment avec ce qu’il appellera le rejet, la forclusion d’un signifiant primordial, la forclusion du signifiant du père.</p>
<p><strong>Le moment fécond du délire</strong></p>
<p>Ainsi retrouvons nous déjà dans l’histoire d’Aimée, ce qu’il en est de ce « moment fécond du délire » celui où le sujet est pour la première fois confronté à ce signifiant qui pour lui n’a jamais été symbolisé, acquis.</p>
<p>Pour Aimée ce moment fécond est celui de sa première grossesse où donc elle rencontre l’absence de ce signifiant sous la forme du père de son enfant.</p>
<p>Aussitôt elle se met à délirer. Elle craint pour son enfant. Elle se sent persécutée : « Pourquoi m’en font-ils autant ? Ils veulent la mort de mon enfant. Si cet enfant ne vit pas, ils en seront responsables. »</p>
<p><strong>Elle accouche d’une petite fille mais qui est mort-née.</strong></p>
<p>Elle a un deuxième enfant qu’elle nourrit jusqu’à l’âge de quatorze mois et s’occupe de lui, mais elle envisage de partir aux états unis pour devenir célèbre et donc d’abandonner son enfant. Elle s’inquiète cependant beaucoup pour lui. « Je craignais beaucoup pour la vie de mon fils, écrit la malade ; s’il ne lui arrivait pas malheur maintenant, ce serait plus tard, à cause de moi, je serais une mère criminelle. » (p.163) De même elle dit avoir agressé l’actrice parce qu’on menaçait la vie de son enfant.</p>
<p><strong>La sœur aînée et la mère</strong></p>
<p>On ne trouve aucune trace évoquée du père d’Aimée, par contre Lacan met déjà beaucoup l’accent sur les liens étroits qu’elle a toujours maintenus avec sa mère. « Le lien affectif très intense qui a uni Aimée tout particulièrement à sa mère, nous semble devoir être mis en valeur. » Elles délirent à deux. Les voisins sont responsables de ce qui arrive à sa fille. Lacan indique qu’il précisera plus loin « la portée de la similarité du développement psychique de la mère et de la fille »</p>
<p>Huit mois après son mariage, « un événement décisif » survient dans la vie d’Aimée : sa sœur aînée vient vivre dans son foyer. (p.230) C’est elle son objet persécuteur premier et réel. Dans les faits, elle lui vole à la fois son mari et son fils. Elle se substitue à elle dans son foyer. Mais cette sœur est épargnée. Son délire s’éloigne de plus en plus d’elle, cherche de nouveaux objets.</p>
<p>« C’est avec le trauma moral de l’enfant né mort, qu’apparaît chez aimée la première systématisation du délire autour d’une personne à qui sont imputées toutes les persécutions qu’elle subit. La cristallisation du délire s’est effectuée sur une ancienne amie qui est devenue ainsi sa persécutrice, Melle C. de la N. Mais ainsi la sœur ainée qui est sa véritable prédatrice est épargnée. L’amie est un substitut de la sœur (p.233).</p>
<p>« Dès lors Aimée ne cessera de dériver sa haine sur des objets de plus en plus éloignés de son objet réel ; mais aussi de plus en plus difficiles à atteindre. p. 234» Le délire est « une réaction de fuite devant l’acte agressif ; de même le départ d’Aimée loin de la famille, de l’enfant qu’elle aime ».</p>
<p><strong>Quelles traces du père</strong> <strong>?</strong></p>
<p>Donc nous ne trouvons aucune référence à la fonction paternelle et à ses défaillances éventuelles mais quelque chose qu’il met sous le compte des « anomalies des situations familiales :</p>
<p>« Nous avons montré par ailleurs de quel attachement exclusif à sa mère avait été marquée l’enfance de la malade. Cette mère, nous le savons, lui a rendu son affection ; ni les années, ni les « fautes de notre malade n’ont diminué son attachement. Elle est par ailleurs depuis plusieurs années en puissance de délire, et celui-ci a éclaté pleinement à propos des événements récents survenus à sa fille.</p>
<p>Ces faits valent la peine qu’on s’y attache et que nous posions le problème du rapport de la psychose avec la situation familiale infantile des malades.</p>
<p>Anomalies de situations familiales que les auteurs signalent dans toutes les observations sans y attacher plus d’importance. Lacan affirme que ces anomalies y sont toujours manifestes.« Education de l’enfant par un seul parent, le plus fréquemment par un parent du même sexe, qu’il s’agisse d’orphelinage ou de divorce ; situation fréquemment renforcée par un isolement social secondaire (éducation de la fille par la mère, suivie de célibat prolongé avec perpétuation de la vie en commun…. Il nous semble même qu’au conflit aigu et manifeste entre les parents correspondaient les rares cas de délire paranoïaque précoce que nous ayons vu, à savoir chez deux jeunes garçons de quatorze et seize ans. : délire nettement agressif et revendicateur chez le plus jeune, délire d’interprétation typique chez le plus âgé. Au défaut d’un des parents répondaient au contraire des délires plus tardifs et plus dissociés ».</p>
<p><strong>Quelques pistes à exploiter</strong></p>
<p>Si nous ne pouvons retrouver dans ce texte premier de Lacan ce qu’il avancera plus tard de l’importance de ce signifiant du Nom-du-père, que ne pouvons-nous pas au moins en repérer quelques éléments annonciateurs et les repérer dans un effet d’après-coup de ce que Lacan avancera beaucoup plus tard, un fois devenu psychanalyste ?</p>
<p>1 &#8211; Nous avons déjà repéré le moment dit fécond du délire d’Aimée au moment de sa première grossesse. Cela est donc déjà un point d’appui.</p>
<p>2 &#8211; Un autre point qui est à reprendre c’est le délire érotomaniaque comme étant une tentative de remédier à cette fonction paternelle qui lui fait défaut. Un homme qu’elle peut appeler à la rescousse, tel est l’objet du postulat érotomaniaque.</p>
<p>3 – Mais surtout ce qui mérite attention c’est une note que Lacan consacre à « une perversion de l’instinct maternel », perversion que l’on peut justement reprendre à la lumière de ce qu’il dit de la fonction du père à l’un des temps de l’Oedipe, celui ou non seulement le père doit chasser l’enfant de sa position d’objet phallique de la mère, mais aussi doit interdire à la mère « de réintégrer son produit », autrement dit de le bouffer.</p>
<p>Je développerai ces deux derniers points bientôt.</p>
<p>( Le tableau est de Matemma)</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?feed=rss2&amp;p=346</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>&#171;&#160;Tu aimeras ton prochain comme toi-même&#160;&#187;; Hypochristie</title>
		<link>http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?p=344</link>
		<comments>http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?p=344#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 21 Jun 2010 06:51:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fainsilber</dc:creator>
				<category><![CDATA[Freud]]></category>
		<category><![CDATA[Psychanalyse]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?p=344</guid>
		<description><![CDATA[Aux yeux de Freud, toutes les formes d’éthique sont résolument vouées à l’échec. Les règles qu’elles édictent sont fondamentalement inapplicables.  A la fin du texte« Malaise dans la civilisation », Freud évoque cette loi éthique édictée par le « Surmoi collectif » qui s’énonce ainsi « Tu aimeras ton prochain comme toi-même »[1]. Il est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-343" href="http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?attachment_id=343"><img class="aligncenter size-full wp-image-343" title="art_chagal01" src="http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/wp-content/uploads/2010/06/art_chagal01.jpg" alt="" width="266" height="320" /></a>Aux yeux de Freud, toutes les formes d’éthique sont résolument vouées à l’échec. Les règles qu’elles édictent sont fondamentalement inapplicables.  A la fin du texte« Malaise dans la civilisation », Freud évoque cette loi éthique édictée par le « Surmoi collectif » qui s’énonce ainsi « Tu aimeras ton prochain comme toi-même »[1]. Il est curieux que ce commandement ne soit pas défini par Freud comme un commandement proprement chrétien. Il est pour lui simplement humain.<span id="more-344"></span></p>
<p>Ce commandement « est à la fois la mesure de défense la plus forte contre l’agressivité et l’exemple le meilleur des procédés antipsychologiques du Surmoi collectif. Ce commandement est inapplicable, une inflation aussi grandiose de l’amour ne peut qu’abaisser sa valeur, mais non écarter le péril. »</p>
<p> L’opposant à cette loi morale ainsi édictée, Freud évoque une « éthique dite naturelle ». Elle « n’a rien ici à nous offrir que la satisfaction narcissique de pouvoir nous estimer meilleurs que les autres». C’est la seule qui tienne le coup, malgré la fragilité de sa base éthique réduite ici à l’amour de soi-même.</p>
<p> Il décrit ensuite une troisième forme d’éthique, celle qui prend appui sur la religion : «L’éthique, qui s’appuie sur la religion, agite ses promesses d’un au-delà meilleur. Tant que la vertu ne sera pas récompensée ici-bas, l’éthique prêchera dans le désert.</p>
<p> Freud évoque encore une autre forme d’éthique que l’on pourrait appeler sociale ou politique : « Il me semble hors de doute aussi qu’un changement réel de l’attitude des hommes vis-à-vis de la propriété sera ici plus efficace que n’importe quel commandement éthique ; mais cette vue juste des socialistes est troublée et dépouillée de toute valeur pratique par une nouvelle méconnaissance idéaliste de la nature humaine. »</p>
<p> Nous avons donc jusqu’à présent, quatre aspects de cette éthique et Freud n’évoque à aucun moment celle que Lacan nommera l’éthique de la psychanalyse. Est-ce parce qu’il pense qu’elle serait elle aussi sans espoir ? Les quelques dernières page de ce texte le laissent supposer :</p>
<p>« Quant à l’application technique de nos connaissances… à quoi servirait donc l’analyse la plus pénétrante de la névrose sociale, puisque personne n’aurait l’autorité nécessaire pour imposer à la collectivité la thérapeutique voulue ? En dépit de toutes ces difficultés, on peut s’attendre à ce qu’un jour quelqu’un s’enhardisse à entreprendre dans ce sens la pathologie des sociétés dites civilisées. »</p>
<p> J’ai cru, un bref instant, que Freud terminait cette approche par une note d’espoir, qu’un jour quelqu’un s’enhardirait pour entreprendre ses grandes réformes nécessaires, prenant appui sur les découvertes analytiques, mais je me suis très vite aperçue que cet espoir porte simplement sur le fait d’étudier la pathologie de ces sociétés dites civilisées, il n’y est nullement question d’en envisager les thérapeutiques possibles.</p>
<p> Il termine ce grand texte sur les malaises de la civilisation, malgré cette approche si lucide et si pessimiste et sans pitié de la nature humaine, par une grande envolée lyrique, un hymne à l’amour « Et maintenant, il y a lieu d’attendre que l’autre des deux « puissances célestes », l’Eros éternel, tente un effort afin de s’affirmer dans la lutte qu’il mène contre son adversaire non moins immortel » Des deux, qui finira par l’emporter ?</p>
<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;</p>
<p>[1] S.Freud, Malaise dans la civilisation, PUF, 1981, p.104-107.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?feed=rss2&amp;p=344</wfw:commentRss>
		<slash:comments>5</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La place des femmes dans la psychanalyse</title>
		<link>http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?p=28</link>
		<comments>http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?p=28#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 07 Jun 2010 03:18:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fainsilber</dc:creator>
				<category><![CDATA[Nos livres parus]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?p=28</guid>
		<description><![CDATA[La place des femmes dans la psychanalyse Liliane Fainsilber Ouvrage paru chez L’Harmattan en janvier 2000 Le lecteur trouvera dans ce livre - une dédicace à toutes celles qui ont accompagné Freud sur les chemins de l’inconscient, Anna, Emma, Dora et Cécilia, mais aussi la jeune fille au parapluie ou encore la petite danseuse de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-large wp-image-41" title="judith-holopherne-1909" src="http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/wp-content/uploads/2009/02/judith-holopherne-1909-158x300.jpg" alt="judith-holopherne-1909" width="158" height="300" /></p>
<p>La place des femmes dans la psychanalyse</p>
<p>Liliane Fainsilber</p>
<p>Ouvrage paru chez L’Harmattan en janvier 2000</p>
<p>Le lecteur trouvera dans ce livre</p>
<p>- une dédicace à toutes celles qui ont accompagné Freud sur les chemins de l’inconscient, Anna, Emma, Dora et Cécilia, mais aussi la jeune fille au parapluie ou encore la petite danseuse de french-cancan,</p>
<p>- des évocations de quelques grandes figures mythiques qui dessinent une clinique actuelle de la psychanalyse au féminin, les cinquante filles du roi Danaos, Atalante, celle qui se mesurait aux hommes, Médée et Créüse, la petite Salomé, celle qui dansait devant Hérode, Judith et Holopherne, Héloïse et Abélard,</p>
<p>- le souhait que la psychanalyse reste vivante.</p>
<p>Lacan a sauvé une première fois la psychanalyse du danger d’être banalisée. Il est temps de protéger cette fois-ci la psychanalyse lacanienne du danger d’être falsifiée.</p>
<p>Il est nécessaire de lui rendre sa clarté, sa simplicité, sa vérité. Dans cet acte de restitution, une femme peut trouver sa place.</p>
<p style="text-align: center;"> </p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?feed=rss2&amp;p=28</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Psychanalyse en dentelle</title>
		<link>http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?p=342</link>
		<comments>http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?p=342#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 06 Jun 2010 11:16:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fainsilber</dc:creator>
				<category><![CDATA[Lacan]]></category>
		<category><![CDATA[Nos livres parus]]></category>
		<category><![CDATA[Psychanalyse]]></category>
		<category><![CDATA[Sexualité féminine]]></category>
		<category><![CDATA[schémas et objets topologiques de Lacan]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?p=342</guid>
		<description><![CDATA[]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a rel="attachment wp-att-341" href="http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?attachment_id=341"><img class="aligncenter size-full wp-image-341" title="413587530_L" src="http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/wp-content/uploads/2010/06/413587530_L.jpg" alt="" width="501" height="501" /></a></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.le-gout-de-la-psychanalyse.fr/?feed=rss2&amp;p=342</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
