« délires » obsessionnels dans le texte de l'Homme aux rats - Le goût de la psychanalyse Le goût de la psychanalyse

« délires » obsessionnels dans le texte de l’Homme aux rats

01520august20baillayre201879-196120-20natura20statica20cu20pestiDe ce que Freud en indique il me semble qu’on peut les définir comme étant une formation de compromis entre une obsession et une formation réactionnelle qui s’élève contre le surgissement de cette dite obsession, en tant que mécanismes de défense secondaire. C’est en somme une seconde tentative du désir inconscient pour se faire reconnaître et de même une seconde tentative du moi pour le refouler. Le symptôme est une formation de compromis entre ces deux tentatives.
C’est ce que j’en ai compris. Je vais essayer de vérifier cette hypothèse.
Ce en quoi Freud les définit comme des délires c’est parce qu’ils paraissent littéralement insensés, aussi insensés qu’un rêve, mais mis en acte dans la réalité et donc la perturbant.
Freud nous donne l’exemple de Ernst travaillant tard le soir et ouvrant la porte à son père qui est pourtant déjà mort depuis belle lurette puis contemplant ses organes génitaux dans la glace et ce devant celui qui est là, son père.
Mais l’obsession aux rats est tout aussi insensée et peut être elle aussi qualifiée de délire. En témoignent les allées et venues d’Ernst pour tenter de rendre l’argent au capitaine A, allées et venues tellement compliquées que Freud, avec au reste beaucoup de patience, a réussi à reconstituer. Il en donne un schéma à la page 237.
La description de son « délire » se trouve p. 232.
Il se trouve placé dans le contexte de la masturbation liée pour lui à la beauté.
« Mon patient trouvait assez étrange d’être contraint à se masturber justement à des moments si beaux et si exaltants. Je lui fis remarquer le trait commun à ces deux exemples : l’interdiction et le fait d’agir à l’encontre d’un commandement.
Son singulier comportement, à l’époque où il préparait un examen, faisait partie du même contexte : il se plaisait alors à imaginer (nous sommes au niveau du fantasme et non pas d’un vrai délire ) que son père était encore vivant et pourrait rentrer d’un moment à l’autre. Il s’était arrangé alors pour travailler de nuit. Entre minuit et une heure, il s’interrompait, ouvrait la porte d’entrée, comme si son père s’y tenait, rentrait et contemplait son pénis dans la glace de l’entrée […] Le malade exprimait ainsi par un seul acte compulsionnel incompréhensible, les deux faces de son sentiment à l’endroit de son père. »

Si on reprend ce que Freud avait déjà repéré des différentes formes de névroses obsessionnelles dans les psychonévroses de défense, il semble bien que ces « délires » n’y sont pas encore repérés en tant que tels.

C’est une forme de névrose obsessionnelle dans lesquelles se sont déjà mis en place des symptômes de défense secondaires contre les obsessions. Freud les définis comme des actes compulsifs mais qui ont été à nouveau infiltré par le retour du refoulé, donc par les pensées ou les affects obsessionnels.

Ainsi l’acte compulsif de Ernst, du côté de la formation réactionnelle était de démontrer à son père qu’il avait de quoi être fier de lui, qu’il travaillait assidument, qu’il préparait ses examens, mais la pensée obsessionnelle refoulée qui était venue infiltrer cette démonstration, l’avait incité à le provoquer en lui montrant ce qu’il était capable de faire : se contempler dans la glace, regarder son pénis et donc le lui faire voir.
Je vais essayer de reprendre ce que dit Freud des différentes formes de névroses obsessionnelles pour y insérer cette nouvelle forme qu’il nomme « délire ».



Laisser une réponse

*