18 - Le fantasme au perçoir - Le goût de la psychanalyse Le goût de la psychanalyse

18 – Le fantasme au perçoir

Freud et le Petit-HansNous en sommes à la page 137 des cinq psychanalyses. Le père continue de plus belle son interrogatoire et brouille toutes les pistes que tente d’explorer le Petit-Hans. Au milieu de cette recherche Freud intervient pour donner quelques conseils à ceux qui souhaiteraient devenir psychanalystes : « Le père de Hans pose trop de questions et pousse son investigation d’après des idées préconçues, au lieu de laisser le Petit-Hans exprimer ses propres pensées. C’est pourquoi l’analyse devient obscure et incertaine. Hans suit son propre chemin et n’arrive à rien quand on veut l’en détourner. Son attention est évidemment accaparée par le loumf et le pipi nous ne savons pas pourquoi.
L’histoire du charivari est aussi peu éclaircie que celle des culottes jaune et noire. Je suppose que la finesse de son oreille a fort bien perçu la différence des bruits quand un homme et quand une femme urine […] Aux lecteurs n’ayant pas encore eux-mêmes pratiqué une analyse, je ne puis que donner le conseil de ne pas vouloir comprendre sur le champ mais d’accorder une sorte d’attention impartiale à tout ce qui se présente et attendre la suite ».

Tout de suite après cette intervention de Freud, le père, le 11 avril, note le fameux fantasme du plombier. : «  Tu sais j’ai pensé quelque chose : Je suis dans la baignoire, alors le plombier arrive et la dévisse. Il prend alors un grand perçoir et me l’enfonce dans le ventre »

Le père de Hans interprète tout de suite ce fantasme : le plombier c’est lui qui menace son fils de son grand pénis tandis qu’il est dans le lit avec sa mère.

En fait ce grand perçoir qu’il enfonce dans le ventre du Petit-Hans, m’a fait penser à un fantasme de retour au ventre maternel que Freud avait longuement décrit à propos de l’Homme aux loups, fantasme au cours duquel, l’enfant espère être aimé du père comme une femme et en recevoir un enfant. Ce n’est pas pour rien en effet que ce fantasme surgit tout de suite après les questions du père sur le « charivari », sur le sens qu’il a pour lui. La baignoire représente le corps de la mère et c’est là que le plombier lui perce le ventre. Le père pense que c’est lui ce plombier mais est-ce si sûr. Le Petit-Hans en sait peut-être un peu plus que lui sur les activités de sa mère. Peu de temps après ces événements, Freud nous avait en effet annoncé que ses parents avaient divorcé.

La question de la grossesse, même si ce n’est pas celle du Petit-Hans, commence quand même à se dessiner à la fin de ce paragraphe sous la forme des voitures lourdement chargées :
« le cheval d’omnibus qui tombe et fait du charivari avec ses pieds est sans doute un loumf qui tombe et ce faisant, fait du bruit. La peur de la défécation, la peur des voitures lourdement chargées est donc équivalente à la peur d’un ventre lourdement chargé ». C’est par ces détours que le père de Hans commence à entrevoir le véritable état des choses ».



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