La marionnette du fantasme de l'obsessionnel - Le goût de la psychanalyse Le goût de la psychanalyse

La marionnette du fantasme de l’obsessionnel

(Séance du 4 juin 1956)

Nous revenons après ce long détour de Lacan sur les identifications et sur la façon de les inscrire sur le graphe, à la question de l’importance de l’aspect homosexuel du transfert à partir du texte de Bouvet. Il va le centrer sur le point du fantasme. Nous en sommes à la page 18 de la sténotypie et p. 493 de la version de l’ALI. Lacan reprend la question du d° de l’obsessionnel en indiquant que l’obsessionnel est occupé à construire la place forte de son désir. Ailleurs, dans les Ecrits, il parle de constructions à la Vauban en faisant remarquer que dans ces places-fortes on peut s’y sentir enfermé.

Pour ce qu’il en est de ce fameux transfert homosexuel, il va le localiser en face de ce d° au niveau du fantasme, de façon équivalente aux identifications viriles de l’hystérique.  Il l’aborde p. 498 de la version ALI et p. 28 de la sténotypie (séance du 4 juin 1956)

Donc pour bien préciser les choses, c’est au niveau de la troisième forme d’identification, celle qui correspond à l’identification hystérique au désir de l’Autre, que Lacan inscrit au niveau du fantasme ce transfert homosexuel de l’obsessionnel.

« Cette identification dont il s’agit est celle qui est ici à savoir le lieu où je vous ai désigné la dernière fois chez l’obsessionnel, le fantasme.

C’est pour autant qu’il y a un point où le sujet a à établir un certain rapport imaginaire avec l’autre,… en tant que c’est ce rapport imaginaire qui lui apporte des satisfactions. Il nous est bien précisé que ce n’est pas un objet sexuel. C’est un support, c’est une marionnette la marionnette du fantasme.

C’est un fantasme inconscient.

Donc là tout est bien clair nous avons les trois formes d’identification inscrites sur le graphe et c’est avec la troisième, identification hystérique au désir de l’Autre qu’il pose le fantasme et le fantasme de sucer la queue de son analyste.

 

C’est avec ce graphe que Lacan désigne « l’erreur technique de l’analyse du présent transfert homosexuel dans la névrose obsessionnelle »

Il dit qu’il y reviendra. « Ce qui se produit pour autant que dans les fantasmes apparaît l’objet phallique et nommément le phallus de l’analyste » C’est une façon pour lui, comme pour l’hystérique, et de façon beaucoup plus scabreuse pour lui de se maintenir en face de son désir.

Bouvet est victime selon Lacan d’une erreur de plan.

Je m’arrête là pour l’instant, avec deux points d’acquis, d’une part l’inscription des trois formes d’identification sur le graphe et l’inscription au niveau de cette troisième forme d’identification, de ce lien homosexuel à des petits autres sensés être mieux armés que lui. Voir le séminariste de la première observation. Mais il faudrait rechercher cette marionnette virile dans chacune de ces histoires cliniques racontées par Bouvet.

A noter quand même que se choisir comme modèle de virilité quelqu’un qui est justement voué à renoncer à sa vie sexuelle au titre de séminariste n’est pas sans poser question.

On peut en déduire en effet que ce qui est en question, par rapport à cet objet phallique, c’est bien de l’être et pas tellement de l’avoir.

C’est en tout cas valable pour cette première observation et ce serait intéressant de voir si c’est également valable pour les autres.



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