« Lettres à Nathanaël ; Une invitation à la psychanalyse - Le goût de la psychanalyse Le goût de la psychanalyse

« Lettres à Nathanaël ; Une invitation à la psychanalyse

couverturePrésentation de mon livre paru chez L’Harmattan en novembre 2005

 

A l’aube de ce nouveau siècle, en l’an 2000, j’ai eu envie de profiter de l’incroyable occasion que pouvait nous offrir Internet pour faire partager ce qui est notre passion, celle de la psychanalyse. J’ai donc créé un site tant bien que mal, en apprenant petit à petit les rudiments de cette nouvelle technologie qu’exige Internet, Ce site je l’ai appelé « Le goût de la psychanalyse » et indépendamment des élaborations théoriques plus poussées, par exemple sur le graphe du désir ou sur le nœud borroméen j’ai créé une rubrique intitulée « Lettres à un nouveau venu au champ de la psychanalyse ».

Avec ces lettres, J’ai dessiné une approche, la plus simple et vivante possible de l’invention par Freud de cette science de l’inconscient, puis de son radical renouvellement par Lacan, avec l’aide du langage. Ce faisant, j’ai essayé de ne pas en altérer le sens. Or donner une expression simple, épurée à des questions difficiles à aborder, exige beaucoup de travail de la part de celui qui tente cette performance. Comme nous le rappelle cette maxime « ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire se trouvent aisément». Mais notre savoir inconscient, celui qui nous livre la clé des questions que nous nous posons dans ce champ de la psychanalyse, ce savoir est souvent rétif, voire rebelle. Il entend bien n’en faire qu’à sa tête. Quand Freud eut fini d’écrire sa première œuvre, fruit de son analyse, « L’interprétation des rêves », s’interrogeant sur la façon dont il en était arrivé à bout, se comparait à Itzig, le cavalier du dimanche, un personnage des histoires juives. « Où vas-tu, Itzig, lui demande-t-on ? » Je ne sais pas, répondait-il, demande à mon cheval ».

Nous sommes tous des Itzig, chevauchant notre savoir inconscient. Ce que je peux quand même dire quant à ce qui a été l’occasion de leur écriture, c’est que chacune de ces lettres est liée à un effet de transfert, elles sont souvent le fruit de discussions avec des analysants et des analystes. Les questions soulevées par les uns et par les autres et notamment sur les forums de discussion me donnent souvent envie de les travailler et donc d’y apporter une réponse, une réponse qui bien sûr ne peut être que singulière. J’ai par exemple évoqué dans ces lettres les aspects actuels de la psychanalyse : la psychanalyse et l’argent, la psychanalyse par Internet, et aussi la brûlante, très brûlante question de la formation du psychanalyste ainsi que celle des conditions pour le moins complexe de la transmission de la psychanalyse.

Telles sont donc les circonstances qui m’ont incitée à prendre la plume et à écrire ces trente sept lettres.

Parmi les thèmes de ces lettres je voudrais préciser un peu plus déjà, ne serait-ce que pour ouvrir la discussion, cette question qui me tient à cœur, celle de l’intransmissibilité de la psychanalyse. Lacan l’affirmait en 1978, la psychanalyse est intransmissible et elle ne peut être que réinventée à chaque fois, par chaque psychanalysant quand il devient à son tour psychanalyste. Ce constat pose en filigrane une autre question qui me semble elle aussi d’importance : Quel est dès lors le rapport de chacun de ces analystes au corpus de la théorie analytique ? Comment peut-il redonner vie à ces énoncés, énoncés de Freud, de Lacan mais aussi de tous ceux qui nous ont précédés dans ce travail d’élaboration des concepts. On peut y apporter cette réponse : Ce sont en effet les énonciations des analystes qui évitent à la théorie analytique de se fossiliser. Avec ces lettres j’essaie d’en apporter un témoignage, celui d’une analyste, je devrais plutôt dire d’une analysante car quand un analyste aborde des questions théoriques, paradoxalement, il se trouve, par rapport à son savoir inconscient, à nouveau en position d’analysant.

Cette science de l’inconscient dont nous devons assurer la survie, c’est une question d’éthique, nous pourrions presque nous risquer à l’appeler « science de la jouissance ». Je dis presque, car encore faudrait-il pouvoir en poser les axiomes. Elle n’est donc qu’un espoir de science et c’est d’ailleurs en cela qu’elle est intransmissible.



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