Qu’est que l’inhibition par rapport au symptôme ? Les lieux de l'angoisse - Le goût de la psychanalyse Le goût de la psychanalyse

Qu’est que l’inhibition par rapport au symptôme ? Les lieux de l’angoisse

Inhibition et symptôme 

En principe le chapitre I de « Inhibition, symptôme et angoisse » est consacré aux inhibitions, le second aux symptômes. Dans les faits il en va tout autrement car dés le début du chapitre l’angoisse fait son apparition et elle perturbe ce beau plan.

Les  inhibitions concernent les fonctions du moi. Certaines « limitations » sont « normales » d’autres sont pathologiques,  dans ce cas-là elles deviennent des symptômes.

 

A la fin de ce chapitre Freud nous donne la clé de ce qui permet de distinguer l’inhibition du symptôme, c’est le fait que « le symptôme ne peut plus être décrit comme un processus qui se passe dans le moi ou qui lui soit inhérent » – ce qui spécifie donc l’inhibition  (p.5 ancienne édition PUF)

 

Freud nous donne alors toute une série d’exemples cliniques de ce que peuvent être les inhibitions d’une des fonctions du moi. Il énumère quatre de ces fonctions :

–       la fonction sexuelle,

–       l’alimentation,

–       la locomotion,

–       le travail professionnel

 

Il  aborde les inhibitions de la fonction sexuelle d’abord du côté des hommes, impuissance, absence d’érection, éjaculation précoce ou absence d’éjaculation ou alors absence de plaisir lors de l’éjaculation.

Du côté femme il ne nomme pas, comme on pourrait s’y attendre,  la frigidité qui serait l’équivalent de l’impuissance du côté des hommes.

 

Mais c’est  du côté des femmes qu’il aborde d’emblée le troisième terme celui de l’angoisse comme si celle-ci ne pouvait pas être évitée par l’inhibition : «  Chez la femme une angoisse directement liée à la fonction sexuelle est fréquente ; nous la rangeons dans l’hystérie, de même que le symptôme de défense qu’est le dégoût qui à l’origine s’installe comme une réaction après-coup à l’acte sexuel vécu d’une manière passive et plus tard survient à l’occasion de la représentation de cet acte. Un grand nombre d’actions compulsives aussi se révèlent des précautions et des garanties prises contre une expérience sexuelle et sont donc de nature phobique ».

 

Je trouve cette phrase à la fois cohérente et pourtant difficile à déchiffrer. Je crois que ce qui est l’élément caché dans cette phrase c’est la notion même de répétition et de trauma. Pour le saisir et surtout pour le mettre en évidence il suffit en effet de se reporter à ce que Freud avait déjà découvert de ce qu’il appelait l’événement traumatique responsable du choix de la névrose, soit phobie, soit hystérie, soit névrose obsessionnelle, dans ce textes inaugural qui a  pour titre : Nouvelles remarques sur les neuro-psychoses de défense daté de 1896.

 

Pour l’hystérie ce sont des « traumatismes sexuels qui doivent appartenir à la première enfance »  ou prédomine la passivité sexuelle. Pour la névrose obsessionnelle ; l’expérience traumatique est active et a procuré du plaisir ce qui engendre une grande culpabilité. La représentation inconciliable est de toute façon refoulée dans les deux névroses, mais dans l’une, dans l’hystérie, il y a une conversion, c’est-à-dire « un saut dans le corporel », dans l’autre, la représentation inconciliable reste dans le psychique mais elle perd de son intensité, tandis que l’affect se fixe sur une autre représentation, par déplacement qui en raison de sa fixité devient une obsession.

 

Tels que les présentent Freud dans ce texte, tous les moyens de défense utilisés dans ces névroses deviennent donc des mécanismes de nature phobique puisque ils sont faits pour éviter l’angoisse.

Au début du texte il nous disait que les inhibitions peuvent être pathologiques et donc être des symptômes, mais il me semble bien que dans ce passage ce qu’il énonce c’est le fait que les symptômes eux aussi ont une fonction d’inhibition par rapport au surgissement de l’angoisse. Mais ils n’ont pas les mêmes mécanismes, d’un côté il y a inhibition de la fonction du moi, de l’autre côté refoulement de la représentation inconciliable. Donc on peut dire que l’inhibition lorsqu’elle est pathologique peut être un symptôme, tandis que l’inverse n’est pas possible, le symptôme est un évitement de l’angoisse mais n’est pas une inhibition. D’autre part, on peut constater aussi que l’inhibition prévient l’angoisse, l’évite tandis que le symptôme y remédie. Inhibition et symptôme ont cependant en commun d’être des conduites phobiques, c’est-à-dire d’évitement de l’angoisse.

 Le trauma 

Faire retour à ces premiers textes de Freud me parait utile parce que on s’aperçoit que la notion de trauma, même si il en a modifié la portée réelle du point de vue de la séduction, est maintenue intacte toute au long de son œuvre. Simplement à partir de 1920, il superpose à cette notion de trauma, ce qu’il en est de la pulsion de mort et de l’au-delà du principe de plaisir. La notion de trauma réapparaît d’ailleurs dès les premières lignes de l’au-delà du principe de plaisir à propos des hystéries traumatiques, celles des névroses de guerre. Ce qui est énigmatique et qui pose question c’est le fait que ces rencontres avec le danger de mort, au cours d’un accident de chemin de fer ou d’un bombardement puisse venir coïncider, se superposer en un même lieu avec une expérience sexuelle précoce. Ce qui en donne je pense la clé, c’est ce Freud dit des liens de l’angoisse de mort et de l’angoisse de castration dans les Essais de psychanalyse. Tout ça c’est plutôt coton. Je ne suis pas allée bien loin dans ce texte, pas plus loin que la page 2 !

Les lieux de l’angoisse 

Par contre je vous propose deux  petits schémas pour se repérer au sujet de  ce que Freud distingue comme étant  angoisse de réel et de angoisse de désir. Je sais bien que les schémas ne servent la plupart du temps qu’à ceux qui les fabriquent pour servir d’appui à ce qu’ils essaient de dire mais quand même je vous les propose.

On peut déjà utiliser le petit schéma de Freud qu’il avait construit dans le chapitre VII de l’interprétation des rêves. Comme le disait Lacan entre cuir et chair, entre perception et conscience, Freud avait donc inscrites les traces mnésiques de l’objet constitutives de l’inconscient.

On peut le compléter en y inscrivant du côté de la perception, l’événement traumatique et l’angoisse de réel qui est sa compagne. La même angoisse de réel se retrouvera du côté de la conscience, en réaction aux dangers du  monde extérieur. Elle se trouve donc, cette angoisse de réel,  des deux côtés à la fois, et du côté de la perception et du côté de la conscience).

L’angoisse de désir elle vient se manifester au niveau du retour du refoulé entre l’inconscient et le préconscient, là où tente de se manifester ce qu’il en est du désir inconscient.

Dans les études sur l’hystérie Freud pour décrire comment les symptômes se construisaient autour de ce noyau de l’événement traumatique avait trouvé la métaphore de l’huître qui réussit à sécréter une perle à partir d’un grain de sable. J’ai transformé le premier schéma de Freud pour rendre compte de cette sécrétion de la névrose à partir de ce réel et les points de surgissements de l’angoisse et ces trois lieux de répétition.



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