Un rêve de Freud où il exprime sa satisfaction d’avoir eu des enfants avec Martha

 

Ce rêve se trouve toujours dans le chapitre “ Travail du rêve”, page 487 de la traduction de Jean-Pierre Lefebvre. En tant que tel il n’est pas tellement analysé, il n’est là qu’à titre d’exemple, pour souligner ce qu’il démontre, le fait “ qu’une bonne partie, même, des jugements que l’on porte après le réveil sur les rêves remémorés et des sentiments que la reproduction de ce rêve provoque en nous, ressortit au contenu onirique latent et doit être intégré dans l’interprétation du rêve puisqu’il en fait partie, c’est même lui qui doit nous mettre sur la piste de son interprétation.

“ Je traverse en compagnie de P… pour me rendre à l’hôpital, une région où il y a des maisons et des jardins. Avec l’idée en même temps, que j’ai déjà vu plusieurs fois cette région en rêve. Je ne m’y retrouve pas très bien ; il me montre un chemin qui mène par un coin de rue à un restaurant ( dans une salle, pas dans un jardin) : une fois là je demande Madame Doni et m’entends dire qu’elle habite avec trois enfants une petite chambre dans l’arrière-cour. Je m’y rends et avant cela je rencontre une personne peu identifiable avec mes deux petites filles, que je prends alors avec moi, après être resté un moment arrêté avec elles. Une espèce de reproche fait à ma femme, de les avoir laissées là.”

Pour interpréter ce rêve Freud part donc de ce sentiment de satisfaction qu’il éprouve à l’idée qu’il pourra enfin savoir, “ apprendre par l’analyse” ce que veulent dire les rêves où on se dit qu’on a déjà rêvé de ça.
Or sa source de satisfaction n’est pas liée à ce contenu manifeste, le fait qu’il a déjà vu ces paysages en rêve, mais au contenu latent. Freud l’énonce ainsi “ c’est la satisfaction d’avoir eu des enfants de mon mariage”.

C’est là qu’intervient ce personnage de P…en compagnie de qui il se promène et qui, lui, n’a pas eu cette chance alors que pourtant sa réussite sociale avait dépassé celle de Freud. C’est avec lui qu’il doit être en rivalité.Je me suis demandé si ce n’était pas Breuer, mais après recherche, ce n’est pas le cas, car celui-ci avait eu cinq enfants.
Freud écrit “P.est une personne avec qui j’ai fait un bout de chemin dans la vie ( est-ce ce bout de chemin qu’il fait dans son rêve ?) et qui m’a ensuite largement dépassé sur la plan social et matériel mais qui est restée sans enfant de son mariage.”.

Tout le paragraphe qui suit est pour moi assez confus. Il concerne ce nom propre Dona A.y dont il fait Doni. Il indique juste que, la veille, il avait lu dans le journal qu’elle était morte en couche. Or elle avait eu la même sage-femme que Martha. Freud ne nous dit manifestement pas tout. Le rêve n’est là que pour démontrer que les sentiments de satisfaction, de contentement éprouvés à propos du rêve sont à rattacher au désir inconscient qui s’y manifeste.
Freud en dit rien non plus concernant ce reproche de négligence qu’il fait à Martha à propos de ses deux petites filles.
Pour ma part, au cours de mes lectures précédentes, ce rêve n’avait pas retenu mon attention. Freud y est donc fier de sa progéniture.
Références bibliques “ Croissez et multipliez vous ! “

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