Freud

Rêve de mon fils le myope

Freud l’a évoqué une première fois pour indiquer que le rêve est toujours égoïste quelque soit les personnages qui parlent dans le rêve ils représentent toujours le sujet. En l’occurrence il s’agit donc bien de Freud et de son fils.
Voici le texte de ce rêve et ses préliminaires : “ J’ai évoqué à la page 276 un rêve bref dans lequel le professeur M dit “ mon fils, le myope… “ en indiquant que ce n’était qu’un rêve préliminaire d’un autre rêve dans lequel je joue le rôle principal.“  Freud nous annonce une “ formation verbale absurde et incompréhensible”. “A la suite d’incidents quelconques dans la ville de Rome, il est nécessaire de faire partir les enfants pour les mettre à l’abri quelque part, ce qui du reste se produit. La scène se déroule ensuite devant une grande porte, une double porte à l’antique ( la Porta Romana à Sienne) comme je le sais dans le rêve. Je suis assis sur la margelle d’une fontaine et très affligé, je pleure presque. Une personne de sexe féminin – infirmière, bonne soeur – fait sortir les deux garçons et les remet au père, que je ne suis pas. Le plus âgé des deux est manifestement mon aîné, je ne vois pas le visage de l’autre ; la femme qui amène le garçon lui réclame un baiser pour lui dire adieu. Elle se distingue par le fait qu’elle a le nez rouge. Le garçon lui refuse le baiser mais lui dit tout en lui tendant la main en guise d’adieu : auf Geseres et à nous deux ( ou à l’un de nous) : auf Ungeseres. J’ai l’idée que cette dernière formule signifie une préférence.” ( p. 481 de L’interprétation du rêve, traduction J.P Lefebvre)

Trois histoires de fous. Un rêve absurde où Freud commence à douter sérieusement des théories de Fliess

Ce rêve figure toujours dans le chapitre “ Le travail du rêve” partie G intitulée “ Rêves absurdes – Les prestations intellectuelles dans le rêve”. Page 479 de L’interprétation du rêve, traduction J-P Lefebvre.

C’ est un point charnière dans le processus transférentiel de Freud pour Fliess.
Dans toutes les associations du rêve il n’y est question que de qui est fou et qui ne l’est pas.

Il fait en effet sien les critiques virulentes d’un confrère vis-à-vis des théories de Fliess, sur la bi-sexaulité hummaine, que Fliess répartit de part et d’autre du corps humain, pour l’un à droite, pour l’autre à gauche, les rapports étroits qu’il établit entre le nez et le sexe, et surtout les périodes de 22 jours pour les hommes et de 28 jours pour les femmes. Ce qui ne l’empêche nullement de prendre sa défense et la sienne du même mouvement. Leurs œuvres sont toutes les deux méconnues voire rejetées par leurs confrères.

Freud met en exergue cette expression : “ Est-ce moi ou est-ce lui qui est fou ?”.

Voici le contenu manifeste de ce rêve :
“ Une de mes connaissances, Monsieur M a été attaqué par rien de moins que Goethe dans un article, avec une violence injustifiée, Monsieur M naturellement est anéanti par cette attaque. Il s’en plaint amèrement à l’occasion d’un dîner en ville ; mais sa vénération de Goethe n’a pas souffert de cette expérience personnelle. J’essaie de m’expliquer les ratios temporels qui me paraissent quelque peu invraisemblables. Goethe est mort en 1832? Comme son attaque contre M n’a pu intervenir, ce dernier était à l’époque un tout jeune homme. Il me semble plausible qu’il ait eu dix huit ans. Mais je ne sais pas avec certitude en quelle année nous sommes présentement et tout le calcul s’enfonce dans l’obscurité. On trouve d’ailleurs cette attaque dans le célèbre article de Goethe intitulé “ Nature”.

Comment choisit-on l’analyste avec qui on veut entreprendre une psychanalyse ?

Telle est la question : Comment choisit-on, en apparence aux hasards des rencontres, au petit bonheur la chance, l’analyste avec qui on souhaite entreprendre une psychanalyse ?  Pour tenter d’y répondre, il est nécessaire  d’ évoquer l’importance du nom propre du sujet dans toute analyse. Elle a d’ailleurs été soulignée par Lacan, il indiquait en effet ceci “vous savez, comme analystes, l’importance qu’à dans toute analyse le nom propre du sujet. Vous devez toujours faire attention à comment s’appelle votre patient. Ce n’est jamais indifférent. Et si vous demandez les noms dans l’analyse, c’est bien quelque chose de beaucoup plus important que l’excuse que vous pouvez en donner au patient à savoir que toute autre sorte de choses pourraient se cacher derrière cette sorte de dissimulation.”

Qu’est-ce qu’un nom propre ? C’est donc la question que se pose Lacan à partir de la clinique analytique. Il se repère tout d’abord sur ce qu’on tenté d’en dire les linguistes même si c’est pour tout aussitôt s’en détacher.
Prenant appui sur ce qu’en dit Gardiner, selon lequel ce qui caractérise le nom propre c’est le fait qu’on porte attention non pas au sens mais au matériel sonore qui le constitue. Lacan conteste en effet cette approche en précisant qu’il ne s’agit pas simplement d’une référence au matériel sonore mais plutôt d’une référence à l’écriture. aux premières écritures qui venues d’ailleurs jouaient sur les poteries antiques le rôle de marques.

“Nouveau rêve absurde de père mort “

Dans ce rêve ( p. 475, “Le travail du rêve” édition J.P Lefebvre, Essais) Freud exprime tout d’abord sa rancune et ses désirs de mort à l’égard de l’un de ses substituts paternels, Joseph Breuer, celui qui l’avait en quelque sorte abandonné sur les chemins de son invention de la psychanalyse, après avoir écrit avec lui “Etudes sur l’hystérie”. Dans ce même rêve il évoque ensuite le personnage de celui qu’il appelle “le grand Meynert” qui après l’avoir adopté avec sympathie, l’avait ensuite vivement critiqué lorsque de retour de son séjour à Paris et avoir suivi les fameuses leçons du mardi de Charcot, Freud avait voulu faire profiter le milieu médical viennois de ces découvertes notamment celle de l’existence de l’hystérie masculine. Mais il ne rencontra aucun succès.

Voici le texte de ce rêve :

“Je reçois un courrier du conseil communal de ma ville natale concernant les frais de séjour d’une hospitalisation en 1851, rendue nécessaire par une attaque que j’aurais eu. La chose m’amuse bien, car premièrement en 1851 je ne vivais pas encore, et deuxièmement mon père, à qui cela peut se rapporter, est déjà mort. Je vais le trouver dans la pièce à côté, où il est couché dans son lit, et lui rapporte la chose. A ma grande surprise, il se souvient qu’en 1851 il lui est arrivé un jour d’être ivre et qu’il a fallu l’enfermer ou le mettre en garde à vue […] Je lui demande : c’est donc aussi que tu as bu…”

Le rêve du comte de Thun ou la parole décisive de Jacob Freud

Encore un petit bout de lecture sur la suite de l’interprétation du rêve du Comte de Thun.
Dans la première analyse que Freud a fait de ce rêve, dans le chapitre “ Matériau et sources du rêve” (p. 248) Freud se montre d’humeur belliqueuse. La veille, à la gare, partant en vacances, il rencontre le Comte de Thun. Toute une série d’associations surgissent à propos de ceux qui sont nés avec une cuillère d’argent dans la bouche. Il chantonne même un air des noces de Figaro : « s’il veut la danse, Monsieur le Comte, ce sera moi… », C’est ainsi que Freud se met à la place de Figaro qui espère se venger du Comte Almaviva qui convoite sa fiancée Suzanne. C’est un rêve de lutte des classes. Dans le fil de ce rêve, Freud nous raconte deux souvenirs d’enfance. Un souvenir de son énurésie infantile, un autre souvenir où, alors déjà âgé de huit ans, il avait uriné dans la chambre de ses parents et en leur présence. Une parole du père est rapportée à ce propos “ On ne fera jamais rien de ce garçon”. Freud nous l’indique, ce rêve du Comte de Thun est un typique rêve d’ambition urétrale ainsi qu’un rêve de vengeance à l’égard du père : dans le texte du rêve, « il voit, de façon plastique, son père, infirme, qui urine devant lui.

Les deux formes de refoulement dans la névrose et dans la perversion

Dans “Les minutes Psychanalytiques” on peut trouver une conférence de Freud sur la genèse du fétichisme. Il date de 1915.
Il prend appui sur les travaux de Krafft-Ebing. Ce qui me frappe pour l’instant à cette lecture, c’est le fait que, dès le départ, en l’occurrence dans le texte de Krafft-Ebing, c’est à quel point tous les auteurs ont beaucoup de mal à séparer ce qu’il en est justement de la  » vraie perversion » en tant que structure, opposée à celle de la névrose et la psychose, et cette « perversion polymorphe infantile » qui est selon Lacan la façon de rater le rapport sexuel du côté homme des êtres parlants » et donc relève du plus banal de la névrose.

Un autre rêve absurde, celui où le père de Freud réconcilie les Magyars mais après sa mort

Un autre rêve absurde, celui où le père de Freud réconcilie les Magyars mais après sa mort Ce rêve de Freud est introduit par cette affirmation que l’absurdité apparente d’un rêve est “ consentie et voulue”. Elle fait donc partie du contenu latent du rêve. De fait Freud nous indique que cette absurdité s’exprime le plus souvent dans les rêves qui concernent la mort de personnes chères. C’est le cas de ce rêve, il s’agit de la mort de son père. “ Mon père a joué après sa mort un rôle politique chez les Magyars, il les a mis politiquement d’accord, ceci accompagné d’une petite image peu nette : une foule humaine, comme au Reichstag, une personne debout sur une ou deux chaises, d’autres autour de lui. Je me souviens que sur son lit de mort il ressemblait tellement à Garibaldi, et je suis content que cette prophétie ait quand…

Le rêve de Brücke ou un beau fragment de la propre analyse de Freud

Le rêve de Brücke est en effet un beau fragment de la propre analyse de Freud où il manifeste son désir d’annihiler littéralement tous ses objets rivaux avec cette parole prononcée dans son rêve même : “ non vixit”

“ J’ai rêvé très nettement ceci : la nuit je me suis rendu au laboratoire de Brucke, et après qu’il a discrètement frappé à la porte [..] je fais entrer en compagnie de plusieurs inconnus, (feu) le professeur Fleisch […] Suit alors un deuxième rêve : mon ami Fliess est discrètement venu à Vienne en juillet ; je le rencontre dans la rue en, conversation avec (feu) mon ami Paneth et je me rends quelque part avec eux dans un endroit où ils sont assis face à face à une petite table, moi-même étant assis devant, du côté droit de la petite table. Fliess parle de sa sœur et dit : en trois quart d’heure elle était morte, puis quelque chose comme : c’est le seuil. Comme Paneth ne le comprend pas, Fliess se tourne vers moi et me demande combien de ses affaires j’ai communiquées à Paneth. Là dessus en proie à des affects étonnants, je veux informer Fliess de ce que Paneth ne peut bien sûr pas savoir puisqu’il n’est pas du tout en vie. Mais je dis alors, en remarquant moi-même l’erreur, non vixit. Je regarde alors Paneth avec insistance, sous mon regard, il devient livide, flou, ses yeux bleuissent pathologiquement – et pour finir il se désagrège. Ce qui me cause un plaisir inouï, comprenant maintenant que Ernest Fleisch lui aussi n’était qu’une apparition, un revenant et je trouve tout à fait possible que ce genre de personne n’existe qu’aussi longtemps qu’on le veut bien, et qu’on peut s’en débarrasser par le désir de voir quelqu’un d’autre”.

Mes vacances avec Jacques Lacan

Dans mon dernier podcast j’ai évoqué le livre de Jacques Roubaud, “Ma vie avec le docteur Lacan”. Or toute une collection sous ce titre existe chez Gallimard. On y trouve “Ma vie avec Proust”, “Ma vie avec Mauriac”, ou encore « Ma vie avec Stéphane Mallarmé”. Les auteurs y témoignent de leur étroit compagnonnage avec chacun des auteurs qu’ils ont choisi d’évoquer. Dans sa minuscule autobiographie, Jacques Roubaud, lui, en fait,  en apparence,  une sorte de pastiche ironique puisque il n’y décrit que trois ou quatre brèves rencontres. Mais ces rencontres bien que rares  furent pourtant décisives avec celui qui fut un si célèbre psychanalyste.

Mais il a aussi une autre collection de livres qui m’a bien plu, c’est celle d’Un été avec…. J’en ai lu quelques-uns, “Un été avec Montaigne”, avec Homère ou Victor Hugo ou encore “Un été avec la comtesse de Ségur”. Tous ces auteurs nous invitent, cette fois-ci, à partir en vacances avec eux en partageant leurs lectures.
Leur emboîtant le pas, j’ai donc choisi comme titre de mon podcast “ Un été avec Jacques Lacan” puisqu’il y est en effet question de vacances.

Rêves oedipiens

Sous cette dénomination, « rêves oedipiens », Freud camoufle lui-même ce qu’il décrit comme des rêves de rapports sexuels avec la mère. Ces rêves ne sont pas souvent transparents mais de fait camouflés.Nous en sommes à la page 440 de l’Interprétation du rêve ( J.P Lefèbvre)

Freud écrit “ Quand je souligne devant des patients la fréquence du rêve oedipien de rapport sexuel avec sa propre mère, on me répond ceci : je ne peux pas me souvenir d’un rêve pareil. Mais peu après remonte le souvenir d’un autre rêve, non reconnaissable et indifférent, qui s’est répété fréquemment chez la personne concernée et l’analyse montre que c’est là un rêve de même contenu, à savoir un rêve oedipien.”

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