Le goût de la psychanalyse - Liliane Fainsilber Le goût de la psychanalyse

Elle chante, elle rit, elle instruit, elle subvertit, elle est “tout langage” : L’expérience d’une psychanalyse n’est pas de tout repos, aussi bien, pour l’analysant que pour l’analyste mais tous deux peuvent aussi y trouver quelques plaisirs et quelques joies avec la découverte des plus jolies fleurs de l’inconscient. Rêves, lapsus et surtout traits d’esprit suffisent à susciter pour chacun ce goût de la psychanalyse. Avec les quelques pages de ce site nous souhaitons vous faire venir l’eau à la bouche, vous mettre en appétit. Ce site du goût de la psychanalyse est très ancien. J’essaie de le rendre plus vivant sous la forme de ce blog. Mais il est pour l’instant en plein chantier. Le temps qu’il prenne un aspect plus avenant, reportez vous à l’ancienne adresse.

Rêve de celle qui ne souhaitait pas passer des vacances avec sa belle-mère

30 mai 2020 par Liliane Fainsilber

j’ai commencé à travailler ce nouveau rêve.  Il a un intérêt supplémentaire,  outre son interprétation,  c’est celui de montrer ce qu’était la technique analytique de Freud, en ce temps de l’interprétation des rêves.  Il semble bien qu’il faisait,  en fonction du matériau analytique livré par l’analysant, des hypothèses sur les événements survenus dans  l’enfance du sujet qui avaient dû provoquer la névrose et surtout qu’il ne les gardait pas pour lui et lui en faisait part. Je pense que cette démarche devait correspondre à ce qu’il décrivait dans son article « Constructions en analyse ». …Lire la suite

Notes sur le désir insatisfait de l’hystérique

7 mai 2020 par Liliane Fainsilber

Lacan indiquait, notamment à propos des symptômes d’Elisabeth Von R. que les hystériques s’intéressent avant tout à des situations de désir, on peut dire que c’est ce qui se passe aussi à propos du rêve de la belle bouchère.

Nous avons affaire à l’intrication de plusieurs désirs qui viennent se croiser et se recroiser, au point d’en faire un véritable imbroglio. Le désir de Freud en premier, puisqu’il s’agit du rêve d’une analysante, puis celui du mari, du peintre, et de l’amie. De plus si le désir de caviar de la bouchère renvoie au désir de saumon de son amie, celui doit encore renvoyer à un autre désir insatisfait et ainsi à l’infini.

A un premier niveau donc il s’agit d’un rêve de transfert. Le rêve de cette analysante est fait pour démontrer à Freud que le rêve, son rêve, n’est pas, contrairement à ce qu’il avance une réalisation de désir. …Lire la suite

Le célèbre rêve de la belle bouchère

6 mai 2020 par Liliane Fainsilber

 

 

Le moment est venu de travailler le rêve de la belle bouchère. A vrai dire, comme je l’ai déjà beaucoup travaillé au fil de toutes ces années, j’avais peur d’en être un peu lassée à l’avance, mais avec Freud, les lectures sont toujours nouvelles, j’avais grand tort de le penser. Je l’ai lu et retravaillé avec un très grand plaisir

Ce rêve dit de la Belle Bouchère, figure avec quelques autres, dont le rêve de l’oncle Joseph, dans le chapitre IV de l’Interprétation du rêve, ayant pour titre, « La défiguration du rêve ». …Lire la suite

Le rêve dit des services d’amour

25 avril 2020 par Liliane Fainsilber

Ce rêve ne figure qu’en note de l’interprétation du rêve1. Il a été rapporté par le docteur Hermine von Hug-Hellmuth et il est cité par Freud pour décrire ce qu’est la fonction de la censure dans la déformation du rêve. Il n’a pas été interprété mais il est malgré tout assez transparent.

Celle qui rêve est une femme de cinquante ans, veuve depuis douze ans d’un colonel de l’armée et dont l’un de ses fils est lui aussi dans l’armée.

Freud écrit « Pour effacer les passages qui lui paraissent choquants la défiguration onirique travaille dans cet exemple avec les mêmes moyens que la censure épistolaire. Celle-ci rend ce genre de passages illisibles en les recouvrant d’un large trait d’encre, la censure onirique les remplace par un marmonnement incompréhensible » …Lire la suite

Le rêve de l’oncle Joseph

20 avril 2020 par Liliane Fainsilber

Freud va répondre aux arguments de tous ceux qui objectent à son approche du rêve comme étant une satisfaction de désir, en avançant l’existence des rêves d’angoisse. A cela il rétorque qu’il faut tenir compte de l’existence du contenu manifeste et du contenu latent du rêve. Il écrit «  il est juste qu’il existe des rêves dont le contenu manifeste est de l’espèce la plus pénible. Mais quelqu’un a-t-il jamais tenté d’interpréter ces rêves, d’en mettre au jour le contenu latent ? Or, si ce n’est pas le cas, les deux objections ne nous touchent plus ; il demeure malgré tout possible que même les rêves pénibles et les rêves d’angoisse s’avèrent après interprétation être des satisfactions de désir. » …Lire la suite

Le rêve d’Anna et le rêve d’Hermann

2 avril 2020 par Liliane Fainsilber

Parmi tous les rêves d’enfants que Freud décrit dans ce chapitre III intitulé « le rêve est une satisfaction de désir », se trouvent deux rêves qui méritent d’être rapprochés l’un de l’autre, surtout si on les inscrit sur les deux chaînes, signifiante et signifiée, du graphe du désir. …Lire la suite

Rêves tout simples et rêves d’enfants

25 mars 2020 par Liliane Fainsilber

Dans ce chapitre III intitulé «  le rêve est une réalisation de désir », Freud décrit quelques rêves qu’il qualifie de « simples ». Et bien sûr on peut se poser la question de ce qu’il entend par là. De la série d’exemples qu’il donne, il me semble qu’on peut en déduire qu’ils sont simples à déchiffrer et donc à interpréter. Ils ne font pas mystère du désir qui s’y exprime. Celui-ci n’est pas masqué, déguisé, comme il le précisera dans le chapitre suivant sous le titre la « défiguration du rêve ».

Ces caractéristiques étant posées on peut aisément les retrouver dans quelques-uns des rêves décrits, le premier rêve de soif que Freud raconte avant celui du rêve de l’urne cinéraire, mais aussi dans tous les petits rêves d’enfants où quelques-unes des frustrations de la journée se transforment en désirs réalisés dans les rêves de la nuit. Ils s’y expriment tous de façon explicite et ne recèlent aucun mystère. …Lire la suite

Rêves de soif

21 mars 2020 par Liliane Fainsilber

A l’orée de ce nouveau chapitre, chapitre III ayant pour titre « Le rêve est une satisfaction de désir » Freud devient lyrique. Il admire le paysage qui se présente devant lui, prend le temps de choisir les chemins qu’il empruntera, se réjouit surtout de l’exploit accompli. On le sent heureux et il y a de quoi  : « Quand au sortir d’un nouveau chemin creux on débouche soudain sur une hauteur où les chemins se divisent et où s’offrent au regard dans des directions différentes les perspectives les plus riches, on a bien le droit de se poser un instant et de se demander de quel côté on va d’abord tourner ses pas. Quelque chose de semblable nous arrive à présent, maintenant que nous avons passé le cap de cette première interprétation d’un rêve. Nous sommes dans la grande clarté d’une révélation soudaine». Arrivé au sommet, Freud admire le panorama qui se présente à lui. …Lire la suite

Une approche du Réel, de l’Imaginaire et du Symbolique dans le rêve de l’injection faite à Irma

10 mars 2020 par Liliane Fainsilber

Dans le séminaire « Le Moi dans la théorie de Freud et de la technique analytique », Lacan consacre une dernière séance, celle du 16 mars 1955, au rêve de l’injection faite à Irma. Beaucoup de fils peuvent être suivis et notamment celui de la question de la régression, mais j’ai choisi de mettre l’accent sur un point qui va continuer à nous servir de façon efficace dans notre lecture de tous les rêves de l’Interprétation des rêves, la façon dont Lacan repère dans ce rêve les trois registres du Réel, de l’Imaginaire et du Symbolique et surtout comment ils sont en quelque sorte noués l’un aux deux autres. …Lire la suite

Pas question d’analyser Freud, pourtant…

2 mars 2020 par Liliane Fainsilber

Dans cette séance du 9 mars 1955, Lacan continue donc son analyse du rêve de Freud, le rêve de l’injection faite à Irma, et on peut se poser une question qui me semble importante à propos de ce qu’il dit de cette analyse après-coup, au début de cette même séance et à la fin. Les deux approches paraissant, au moins au premier abord, contradictoires.

Voici la première : « Entendez bien que je ne suis pas entrain de refaire l’analyse du rêve de Freud après Freud lui-même. Ce serait tout à fait absurde. Pas plus qu’il n’est question d’analyser les auteurs défunts il n’est question d’analyser Freud mieux que Freud son propre rêve. …Lire la suite