Délire dans la névrose et dans la psychose - Le goût de la psychanalyse Le goût de la psychanalyse

Délire dans la névrose et dans la psychose

img_6184_1Il est utile de rappeler qu’il y a une radicale différence de structure entre la névrose et la psychose sans oublier bien sûr celle de la perversion. A ces trois structures correspondent trois mécanismes de leur instauration, respectivement le refoulement, la forclusion et le démenti ou désaveu.
Pourtant, je ne sais pour la perversion, mais en tout cas, dans la névrose comme dans la psychose, existe ce que Freud nomme délire.
Ils ne répondent pas du tout aux mêmes modes de développent dans ces deux structures.

Très tôt Freud avait repéré qu’il existait des délires hystériques. Il les décrit notamment dans les Etudes sur l’Hystérie, à propos des symptômes de son égérie, Madame Cécilia M
Dans la naissance de la psychanalyse, sous le titre manuscrit K. (Un conte de Noël) il décrit magistralement la métapsychologie différente des délires dans la psychose et dans la névrose.  En ce qui concerne le délire dans la névrose obsessionnelle, nous en retrouvons trace justement dans le texte de l’Homme aux rats, p. 211 des Cinq psychanalyses.
C’est sa grande obsession des rats elle-même en tant qu’elle entraîne chez lui un comportement aberrant dans sa tentative de rembourser coûte que coûte l’argent qu’il ne devait au Lieutenant A. Cela semble en effet être une histoire de fou.
Freud utilise le terme de « délire » en le mettant entre guillemets, ce qui est une façon de mettre en suspens la justesse de ce terme.
« La décision de notre patient d’aller consulter un médecin fut habilement intriquée dans son « délire », et cela de la façon suivante : il avait l’intention de demander au médecin un certificat comme quoi la façon d’agir avec A…, qu’il avait inventée était nécessaire à son rétablissement, et il espérait que A… se laisserait certainement déterminer par ce certificat d’accepter de lui les trois couronnes quatre vingt. Le hasard le fit tomber sur moi. Mais il ne faut plus question chez moi de ce certificat. Il me pria très raisonnablement de le débarrasser de ses obsessions… »

Dans le manuscrit K. Freud décrit une forme de délire d’observation qui appartient pourtant à la névrose obsessionnelle p.134 de la naissance de la psychanalyse.
« Dans certains cas, le contenu mnémonique n’est pas parvenu jusqu’au conscient par substitution, mais le sentiment de culpabilité lui, s’y est introduit grâce à une transformation ».  Cette transformation porte sur cette formule « Je me reproche certain fait, je crains que les gens ne sachent ce que j’ai fait, j’en rougis devant autrui ».
C’est par cette formule est ce qui livre le secret de ce délire d’observation.
Il y a encore une autre forme de délire, étape ultime de la névrose obsessionnelle, qui est un « délire de doute généralisé ».

Je laisse de côté les délires dans l’hystérie qui pose pour certains la question des « psychoses hystériques », question qui ne devrait pas se poser, si nous nous référons justement à l’existence des ces trois structures nettement différentiées de la psychose de la névrose et de la perversion.



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