Hypocondrie - Le goût de la psychanalyse Le goût de la psychanalyse

Hypocondrie

 

J’ai été relire Introduction au narcissisme, le texte de Freud où il aborde la question de l’hypocondrie. C’est un texte passionnant. Pour ce qui nous intéresse ce qui ferait de l’hypochondrie une preuve de la psychose de l’Homme aux loups, selon Ruth M.B. voici le passage qui démontre le contraire :
 » L’hypocondriaque retire intérêt et libido -celle -ci avec une évidence particulière – des objets du monde extérieur et concentre les deux sur l’organe qui l’occupe. Pourtant une différence entre hypocondrie et maladie organique apparaît au premier plan : dans le dernier cas les sensations pénibles sont fondées sur des modifications démontrables, et non dans le premier cas. Mais nous resterons parfaitement dans le cadre de notre conception générale des processus névrotiques en avançant la proposition suivante : l’hypocondrie doit avoir raison, les modifications organiques ne peuvent pas non plus manquer dans son cas. En quoi peuvent-elles donc consister ?
Nous nous laisserons guider par l’expérience qui nous montre que des sensations corporelles de nature déplaisantes, comparables à celles des hypocondriaques, ne manquent pas non plus dans les autres névroses. J’ai déjà dit une fois que j’inclinais à ranger l’hypocondrie à côté de la neurasthénie et de la névrose d’angoisse, comme troisième forme de névrose actuelle. L’on ne va pas vraisemblablement trop loin en se représentant qu’un petit élément d’hypochondrie participe aussi régulièrement à la formation des autres névroses in La vie sexuelle, p. 89-90.
Que peut-on en déduire ? Le fait que l’hypocondrie n’est pas forcément associée à la psychose. La thèse de Freud est que cette hypocondrie est la manifestation de l’érogénéité d’un organe dans la mesure où il remplace les organes génitaux. Ce fut le cas du nez pour l’Homme aux loups. C’est sur lui qu’il avait focalisé tout son narcissisme mais il n’en était pas pour autant fou.

 



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