La formation du symptôme comme substitut de cette motion pulsionnelle refoulée par le moi - Le goût de la psychanalyse Le goût de la psychanalyse

La formation du symptôme comme substitut de cette motion pulsionnelle refoulée par le moi

Jusqu’à la page 11 d’inhibition, symptôme et angoisse, dans ce chapitre II, il était question de la façon dont le moi exerçait son pouvoir sur les motions pulsionnelles venues du ça pour les refouler, quand elles faisaient obstacle au principe de plaisir (le moins de vagues possible) pour cela il lui suffisait d’envoyer un simple petit signal de déplaisir sous forme de l’angoisse.

Soudain apparaît alors (page 11) le terme même de symptôme en tant que substitut de la motion pulsionnelle refoulée. Cette définition rejoint très bien ce  que Lacan avait dit de la « jouissance fourrée du symptôme ». Cette motion pulsionnelle  y a en effet laissé des plumes. Elle en a été tellement altérée, amochée, qu’il est bien difficile d’y reconnaître encore quelque chose de l’ordre de la satisfaction :

 

« Il s’avère alors, en général, que la motion pulsionnelle a bien trouvé, malgré le refoulement, un substitut mais un substitut fortement diminué, déplacé, inhibé, et dans lequel il n’est en outre plus possible de reconnaître une satisfaction ». Lorsque le processus substitutif est accompli, aucune sensation de plaisir ne se produit et c’est pourquoi cet accomplissement a revêtu le caractère de la compulsion. Mais lors de cette dégradation du cours de la satisfaction en symptôme, le refoulement montre encore sa puissance sur un autre point encore. Le processus substitutif se voit, autant qu’il se peut, privé de toute possibilité dé décharge par la motilité ; et quand bien même cela n’a pas réussi, il doit s’épuiser à modifier le corps propre sans être autorisé à empiéter sur le monde extérieur ; il lui est interdit de se convertir en action ».

 

Ce passage est d’une grande densité mais il a aussi une grande portée dans cette approche du symptôme. Freud y soulève en effet deux questions d’importance, la première celle de la compulsion qui est liée par lui à l’impossibilité d’arriver à la satisfaction. La seconde celle de l’atteinte du corps propre faute de pouvoir exercer son action sur le monde extérieur.

De façon annexe on voit aussi apparaître dans cet extrait la façon dont l’inhibition est étroitement liée au symptôme : elle empêche tout action vers le monde extérieur de ce substitut de la motion pulsionnelle qu’est le symptôme.

 Liliane Fainsilber


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