Le transfert-Le goût de la psychanalyse Le goût de la psychanalyse

Articles dans la catégorie ‘Le transfert’

L’annulation rétroactive et la compulsion de répétition

lundi 10 mars 2014

Dans ma version d’inhibition, symptôme et angoisse, celle du PUF, couverture marron, la page 42  est à la fois magistrale et terriblement difficile, ce qui est surprenant dans ce passage c’est qu’il rapproche l’un des mécanismes typiques des modes de refoulement de la névrose obsessionnelle, ce qu’il appelle « annulation rétroactive » de la « compulsion de répétition ». …Lire la suite

Lire Freud de nos jours

dimanche 30 juin 2013

Les textes sont analogues aux restes diurnes qui servent de prétextes à la formation du rêve. Eux servent de pré-textes à l’émergence de notre propre savoir inconscient.

Lacan a très bien exprimé ce qu’il en est de la puissance du verbe freudien. …Lire la suite

« Du haut d’un gratte-ciel » avec l’analyste

mardi 2 avril 2013

 

Si on repart du rêve des icônes brisées, puis de celui du beau paysage de la scène primitive, si beau qu’il pourrait le peindre – montrant ainsi une possibilité de sublimation, celle la peinture, Ruth indique que dans la réalité il n’a pas encore franchi ces étapes qui étaient décrites dans les rêves. Suit donc un autre rêve mais qui ne semble pas avoir été rapporté textuellement. Je crois que c’est plutôt le récit qu’en fait Ruth M.B. Je trouve qu’il est en grande partie, en tant que tel, indéchiffrable : « le jour suivant il rapport un rêve dans lequel il est couché à ma pieds, ce qui est un retour à la passivité ». Est-ce comme un chien, un chien de berger, un loup ? Puis, en apparence lié à cette phrase, à la suite, elle indique : « il se trouve avec moi dans un gratte-ciel, il n’y a pas d’autre issue qu’une fenêtre (voir le rêve des loups primitif et aussi le rêve ci-dessus) de cette fenêtre une échelle descend vertigineusement jusqu’au sol. Pour sortir il lui faut passer par cette fenêtre. C’est à dire qu’il ne peut pas rester dedans, regardant dehors comme dans l’autre rêve, mais il doit surmonter sa peur et sortir. Il s’éveille en proie à une grande angoisse et cherchant désespérément une autre issue. …Lire la suite

Le graphe bleu de l’acteur jouant le rôle d’Hamlet et celui du psychanalyste écoutant l’analysant

lundi 25 mars 2013

Dans le désir et son interprétation, Lacan analyse très longuement le drame d’Hamlet en tant que tragédie du désir. Il établit une radicale différence entre la lecture d’Hamlet et sa représentation, représentation dans laquelle l’acteur prête au héros, ses propres signifiants inconscients. …Lire la suite

Objet partiel et « agalma » dans le séminaire du transfert

dimanche 11 novembre 2012

 

 

J’ai trouvé quelque chose qui précise bien où est, sur le schéma optique, ce qu’il en est de l’objet partiel – il dit expressément qu’il reste au niveau de ce qu’il appelle « l’enceinte narcissique » et que, par contre, l’agalma est du côté de l’objet aimé, celui que Platon et Lacan appellent l’éroménos, l’objet aimé. Donc l’un est bien du côté de i(a) et l’autre du côté du petit autre, en i'(a). …Lire la suite

Notes sur le sens premier du transfert comme transcription d’une langue dans une autre

dimanche 14 juin 2009

215Page 241 de L’interprétation des rêves chapitre VI intitulé le travail du rêve Freud écrit :
« Toutes les tentatives faites jusqu’à présent ( avant lui) pour élucider les problèmes du rêve s’attachaient à son contenu manifeste, tel que nous le livre le souvenir, et s’efforçaient d’interpréter ce contenu manifeste… …Lire la suite

Quand Freud occupe la place non pas du père mais du personnage dit de la femme riche

vendredi 12 juin 2009

Lacan a donc posé – dans son texte « le mythe individuel du névrosé » -que le complexe d’Œdipe ne se réduit pas à trois personnages mais à quatre. Ils entrent tour à tour dans un quatuor …Lire la suite

Le transfert comme acte de parole

jeudi 23 avril 2009

356_450_matisse-modeleNote sur le transfert symbolique, comme acte de parole, opposé au transfert imaginaire, défini comme amour de transfert.

L’intervention au congrès de Rome de Lacan date de septembre 1953. Il en existe deux versions, une version parlée et une version écrite. …Lire la suite

Que reste-t-il des amours de transfert à la fin d’une analyse

samedi 28 mars 2009

Dans le roman de Jensen, « Gradiva », longuement étudié par Freud, un jeune archéologue, Norbert Hanold,  tombe amoureux d’une statue de pierre. Il l’appelle, en raison de sa très jolie démarche, « La Gradiva », celle qui resplendit en marchant.

 

Une nuit il fait un cauchemar qui inaugure son délire. Il découvre que Gradiva est en fait une jeune pompéienne morte il y a deux mille ans. Elle a été ensevelie sous une pluie de cendres dans les ruines de sa ville au moment de l’éruption du Vésuve.

 

Sous l’influence de ce rêve, il part aussitôt en voyage en Italie et se retrouve errant sans but dans les rues de Pompéi. Soudain Il rencontre, dans l’atrium d’une maison, une jeune fille. Il pense aussitôt que c’est une apparition, le spectre de cette Gradiva revenue hanter les lieux aux chaudes heures de midi, mais c’est, en fait, l’espiègle et charmante Zoé, son amie d’enfance qui est, elle aussi, venue visiter ces lieux.

Celle-ci constate l’état mental désastreux du jeune homme et accepte de se déguiser en Gradiva pour réussir à le guérir de son délire et surtout réveiller à nouveau son amour pour elle. Elle réussit pleinement dans son entreprise. C’est une vraie psychanalyste de rêve.

« Nous brûlons de savoir, écrit Freud, si une guérison du genre de celle que (Zoé) réalise chez Hanold est compréhensible ou, tout au moins possible, et si le romancier a aussi bien saisi les conditions de la disparition du délire que celles de sa genèse ».

Autrement dit est-ce que le romancier a pu décrypter la structuration de la névrose du jeune homme qu’il qualifie de délire hystérique et au moyen de quelles interprétations Zoé l’a-t-elle guérie?

Ce que Freud souligne c’est que cette guérison n’a pu s’effectuer que grâce à ce qu’il appelle « la marée montante du transfert » ou encore « le réveil des sentiments » et il se demande donc quelles sont les différences, s’il y en a, entre les amours de transfert qui prennent naissance entre l’analysant et l’analyste et l’amour tout court celui que partagent ensemble ces deux jeunes amoureux.

Il essaie de marquer quelques différences entre les deux : Zoé « peut répondre à l’amour qui sourd de l’inconscient vers la conscience. Le médecin ne le peut pas. »

Zoé  » a été elle-même l’objet de cet amour refoulé d’autrefois, sa personne offre aussitôt à l’aspiration amoureuse libérée un but fort désirable. Le médecin a été un étranger. Il doit viser à le redevenir, une fois la guérison obtenue …

Malgré ces différences notées, il pose cette question : « de quels expédients de quels succédanés le médecin va-t-il se servir pour se rapprocher avec plus ou moins de succès de l’idéal de la cure d’amour si bien tracée par le romancier? »

Mais c’est pour rajouter aussitôt : « la discussion de ce problème nous entraînerait bien trop loin de la tâche que nous nous sommes fixée ».

Laissons nous entraîner au loin… trop loin, aux sources de la psychanalyse.
Au commencement était le transfert, mais quand Freud l’évoque dans les Etudes sur l’hystérie, nous avons la surprise de constater qu’il le met tout d’abord au compte du psychanalyste.

En effet alors qu’il n’a pas encore tout à fait inventé la psychanalyse, puisqu’il pratique encore l’hypnose, l’imposition des mains, sans compter quelques moyens annexes, bains de siège froids et massages qu’il pratique lui-même, il pose donc d’emblée la nécessité pour le thérapeute d’éprouver quelque sympathie pour ses patients. Il l’évoque ainsi : « Je vais maintenant aborder la question des difficultés et des inconvénients de notre thérapeutique… Le procédé en question est fatigant pour le médecin, lui prend un temps considérable et présuppose chez lui un grand intérêt pour les faits psychologiques et beaucoup de sympathie personnelle pour les malades qu’il traite. Je ne saurais m’imaginer étudiant dans le détail le mécanisme d’une hystérie chez un sujet qui me semblerait méprisable et répugnant et qui, une fois mieux connu, s’avèrerait incapable d’inspirer quelque sympathie humaine. Je pourrais au contraire soigner n’importe quel diabétique, n’importe quel rhumatisant, sans me soucier de sa personnalité ». ( p. 213)

Voici donc posé ce que nous pourrions définir comme une sorte de connivence, de complicité, d’affinité élective qui doit se créer entre l’analysant et l’analyste, complicité par rapport au savoir inconscient qui rendra possible l’expérience analytique.

Quelques pages plus loin, (p.244 et 245) Freud aborde cette fois-ci la question du transfert du patient vis à vis de son médecin, ce qui deviendra par la suite, une fois la psychanalyse inventée, transport amoureux de l’analysant pour l’analyste.

« J’ai déjà fait allusion, écrit Freud, au rôle considérable que joue la personne du médecin dans la création des motifs servant à surmonter la puissance psychique des résistances. Dans bien des cas et principalement chez les femmes et lorsqu’il s’agit d’expliquer des associations érotiques, la collaboration des patients devient un sacrifice personnel qu’il faut compenser par quelque succédané d’amour. C’est donc donnant donnant. Les efforts du médecin, son attitude de bienveillante patience doivent constituer de suffisants succédanés. » Ce qu’on demande au psychanalyste c’est un brin d’amour. De nombreuses années après, Lacan appellera cet ingrédient nécessaire au travail de l’analyse : désir du psychanalyste.

Mais en attendant, ce que Freud nous décrit là c’est l’expérience de l’amour médecin, amour du côté du patient et « surrogat d’amour » quelques substituts du côté du psychanalyste.

Mais tout n’est pas rose pour autant, entre l’analysant et l’analyste car, si l’amour de transfert permet de surmonter les résistances, il peut tout aussi bien les renforcer. La haine se substitue à l’amour et la méfiance à la confiance.

Le malade peut se sentir « négligé, offensé ou humilié », ou il « a peur de trop s’attacher à son médecin et de perdre ainsi son indépendance », mais surtout il « craint de reporter sur la personne du médecin les représentations pénibles nées du contenu de l’analyse ».

Freud pointe donc là, dans ce dernier cas de figure, les liens du transfert à la répétition et c’est important de bien repérer en quels termes il les décrit :

« Le transfert au médecin se réalise par une fausse association… J’en donnerai ici un exemple. Chez l’une de mes patientes, un certain symptôme hystérique tirait son origine du désir éprouvé longtemps auparavant mais aussitôt rejeté dans l’inconscient de voir l’homme avec qui elle avait alors conversé, la serrer affectueusement dans ses bras et lui soustraire un baiser. Or il advint qu’à la fin d’une séance un tel désir surgit à l’égard de ma personne; elle en est épouvantée, passe une nuit blanche…

Une fois ce transfert amoureux avoué, Freud découvre « que ce désir qui a tant effrayé la malade se révèle être proche des souvenirs pathogènes… le contenu du désir, désir d’être embrassé par cet homme – avait surgi dans le conscient de la malade mais sans être accompagné du souvenir des circonstances accessoires capables de situer ce désir dans le passé. »

Notez quand même ce point, ce qui est important pour Freud c’est le fait que ce désir soit un désir passé et non pas actuel même s’il souligne que les circonstances étaient accessoires.

Et pour justifier sa démonstration il poursuit : « Le retour du refoulé doit nécessairement passer par cette sorte de « mésalliance » à laquelle je donne le nom de faux rapport – l’affect qui entre en jeu est identique à celui qui avait jadis incité ma patiente à repousser un désir interdit. Depuis que je sais cela, je puis, chaque fois que ma personne est impliquée postuler l’existence d’un transfert et d’un faux rapport. Chose bizarre, les malades sont en pareil cas toujours dupes. » p. 246

Ce que Freud décrit ainsi du retour de flamme de ces anciennes amours pose quand même la question de savoir quelle est la différence entre cet amour de transfert et l’amour tout court. Ne prennent-ils pas tous deux naissance de la même façon?

Reprenons l’exemple du jeune archéologue : Si Norbert Hanold était tombé amoureux d’une charmante jeune fille qui lui rappelait Gradiva, en raison de sa jolie démarche, est-ce que cet amour aurait été un amour vrai ou une mésalliance?

L’amour est toujours amour de transfert. Aussi peut-être, plutôt que de mettre l’accent sur ces termes de mésalliance, de faux rapport, de « fausse association », faudrait-il parler du surgissement d’un même désir, qui maintenant devenu conscient, parce que rattaché à l’analyste, n’en reste pas moins interdit. Interdit en tant qu’il serait amour incestueux entre l’analysant et l’analyste.

Ce désir en reprenant vie dans l’analyse, est en effet remis par le psychanalyste, dans un rapport à la loi, celle de l’interdit de l’Œdipe.

En se référant à cette dimension de la loi, le refus de l’analyste de répondre à la demande d’amour que lui adresse l’analysant perd sa dimension d’arbitraire. Un amour interdit n’est pas un amour rejeté, refusé. Il rend au sujet sa dignité et aussi sa liberté.

Je poserai donc que rien ne permet de différentier l’amour de transfert et l’autre, le vrai. Rien si ce n’est le fait que ce soit un amour interdit, un amour oedipien qui en tant que tel il ne peut être qu’abandonné.

Mais que reste-t-il alors de ces liens transférentiels entre l’analysant et l’analyste après l’analyse. Peut-être faudrait-il évoquer à leur propos le maintien, après le franchissement de l’Œdipe, de ces liens de famille, amour paternel ou maternel, amour filial, amour fraternel.

Quel nom pourrait-on donner à cette affection qui persiste comme une trace de cette expérience longtemps partagée.

Peut-être pourrions nous reprendre ce nom de philia, l’amitié, qui, dans le discours grec, s’oppose à l’éros en tant que c’est un amour ayant abandonné ces visées érotiques.

Cette opposition amour – amitié est maintenue d’abord en latin puis en français mais, au fil du temps, au fil des âges, cette amitié est définie par rapport à l’amour comme étant ce qui introduit le sujet dans le champ social.

Cette philia du transfert permettrait à l’analysant de rejoindre l’analyste dans ce champ qui leur est depuis longtemps commun, celui de la psychanalyse. Même s’il ne devient pas psychanalyste il peut continuer à aimer la psychanalyse. Ceci aurait une conséquence inattendue : bien loin d’assister à la brutale liquidation du transfert où thanatos reprendrait en quelque sorte le pouvoir, en fin d’analyse, avec cette philia, nous célèbrerions, reprise au sens freudien, sa sublimation. Il devient amitié, amitié partagée pour la psychanalyse.

Je ne suis pas sans savoir que la haine de la psychanalyse existe, elle aussi. Nous en avons maints témoignages. Mais quand même, c’est avec cette philia, jouant de l’équivoque de la filiation, que se transmet la psychanalyse.

Liliane Fainsilber

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Un rêve de transfert : « pour ses beaux yeux »

dimanche 22 mars 2009

klee
Dans le texte de Dora, Freud nous dit qu’il n’avait pas réussi à se rendre maître à temps du transfert, à savoir que Dora avait bien l’intention de le quitter, de lui donner ses huit jours.

Dans ce texte de l’Homme aux rats, il l’explicite davantage et à plusieurs reprises, par exemple quand il écrit que c’est par la voie douloureuse du transfert qu’Ernst avait pu se convaincre de l’existence de sa haine inconsciente pour son père alors que consciemment il éprouvait pour lui beaucoup d’amour et de chagrin pour sa disparition …Lire la suite