La régression - Le goût de la psychanalyse Le goût de la psychanalyse

La régression

8118090Page 258. des Cinq psychanalyses à propos de l’Homme aux rats, Freud traite de la régression, régression de trois sortes :
1 – régression de l’acte à la pensée
2- régression du stade phallique au stade sadique anal, avec intervention du voyeurisme et de la curiosité sexuelle (désir de voir une femme nue),
3- régression enfin de la relation d’objet à celle du corps propre avec un retour vers l’activité masturbatoire.
La formule de protection du « Giselasamen », par laquelle il couvrait de sa semence sa bien-aimée, donne un bon exemple de ces trois formes de régression entre l’action et la pensée et avec retour à l’équivalent d’une activité masturbatoire.

J’isole la formulation de Freud qui en décrivant ce qu’il entend par régression nous permet de plus de décrire la fine différence qu’il y a entre « compulsion » et « obsession » :
« … par une sorte de régression, des actes préparatoires remplacent les décisions définitives, la pensée se substitue à l’action, et une pensée, en tant que stade préliminaire à l’acte, se fait jour avec une force compulsionnelle à la place de l’acte substitutif. Selon le degré de cette régression de l’acte à la pensée, la névrose obsessionnelle prend le caractère de pensée compulsionnelle (obsessions) ou de l’acte compulsionnel proprement dit. »

Donc nous avons bien, me semble-t-il, de ce qu’en écrit Freud, cette double répartition : ce qui est compulsion est mis en acte, ce qui n’est que pensé, est obsession. Entre les deux, faisant la différence, existe la régression de l’acte à la pensée.

Il y a une seconde forme de régression celle d’un retour à une forme d’activité masturbatoire, retour à la sexualité infantile. Mais Freud n’a pas encore élaboré en cette période de son invention de la psychanalyse, ce qu’il qualifiera plus tard de « régression au stade sadique anal » par rapport à l’activité proprement phallique.
Pour l’instant il a quand même déjà repéré d’une part « l’importance de la composante sadique dans la genèse de la névrose obsessionnelle » et l’intensité du voyeurisme et de la curiosité sexuelle. Ces deux caractères, même s’ils sont liés au regard, ne sont pas sans rapport avec ce que Freud appelle « la pulsion d’emprise » liée à l’érotisme anal et sadique.
Voici le point où il en est, au temps de l’Homme aux rats :

« La première régression, celle de l’acte à la pensée, est favorisée par un autre facteur qui participe à la genèse de la névrose. On retrouve presque régulièrement dans l’histoire des obsédés l’apparition et le refoulement précoce du voyeurisme et de la curiosité sexuelle, lesquels chez notre patient également, avaient régi une partie de l’activité sexuelle infantile ».
Freud rajoute cette note : « Les grands dons intellectuels des obsédés sont probablement en rapport avec ce fait ».

Pour Ernst, ce primitif désir de voir des femmes nues est donc à la fois la source de sa névrose et de ses dons intellectuels. Comment alors pouvait-on dire et répéter, dans notre enfance, que « la curiosité est un vilain défaut » ?

A la suite de cette approche, Freud écrit un long paragraphe sur ce qu’est l’érotisation de la pensée.
Nous en sommes au bas de la p.258.
Je garde, si je puis dire, pour la bonne bouche tout ce que Freud avance des rapports de la névrose obsessionnelle, sa grande connivence à ce qu’on nomme « activité intellectuelle » avec la grande question qu’elle pose, si elle est avant tout formation réactionnelle, formation réactionnelle contre l’émergence du savoir inconscient, comment peut-être être cependant créative, inventive ?



3 commentaires sur “La régression”

  1. pijoulat dit :

    le gout de la psychanalise

  2. ARTEMIS dit :

    je souffre de régression du mental au stade sadique et anal et je ne sais pas comment sortir de ce stade. Si quelqu’un peut m’aider?

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