Inhibition, symptôme, angoisse noués avec le noeud borroméen - Le goût de la psychanalyse Le goût de la psychanalyse

Inhibition, symptôme, angoisse noués avec le noeud borroméen

 Pour ceux que ces questions intéressent :  Au cours de la première séance du séminaire RSI, Lacan annonce ce qu’il compte développer dans le fils de son enseignement et il y inclut le nouage de ces trois concepts freudiens Inhibition, Symptôme, Angoisse.

« Un point que je suggère est d’ores et déjà celui-ci, pour revenir à Freud, c’est à savoir ce quelque chose de triadique, il l’a énoncé Inhibition, Symptôme, Angoisse.

je dirai que l’inhibition, comme Freud lui-même l’articule, est tou­jours affaire de corps, soit de fonction. Et pour l’indiquer déjà sur ce schéma , je dirai que l’inhibition, c’est ce qui quelque part s’arrête de s’immiscer, si je puis dire, dans une figure qui est figure de trou, trou du Symbolique […] comment l’inhibition peut avoir affaire à ce qui est effet d’arrêt qui résulte de son intrusion dans le champ du Symbolique ?

Il est, à partir de ceci, et pas seulement à partir, il est tout à fait saisis­sant de voir que l’angoisse, en tant qu’elle est quelque chose qui part du Réel, il est tout à fait sensible de voir que c’est cette angoisse qui va don­ner son sens à la nature de la jouissance qui se produit ici (sous a) du recoupement mis en surface, du recoupement eulérien du Réel et du Symbolique.

Enfin, pour définir le troisième terme, c’est dans le symptôme que nous identifions ce qui se produit dans le champ du Réel. Si le Réel se manifeste dans l’analyse et pas seulement dans l’analyse, si la notion de symptôme a été introduite, bien avant Freud par Marx, de façon à en faire le signe de quelque chose qui est ce qui ne va pas, dans le Réel, si en d’autres termes, nous sommes capables d’opérer sur le symptôme, c’est pour autant que le symptôme est l’effet du Symbolique dans le Réel. C’est pour autant que ce Symbolique, tel que je l’ai dessiné ici, doit se compléter ici, (et pourquoi est-ce extérieur? c’est ce que j’aurai à manipuler pour vous dans la suite) c’est pour autant que l’inconscient est pour tout dire ce qui répond du symptôme. C’est pour autant que ce nœud, ce nœud, lui bien réel quoique seulement reflété dans l’Imaginaire, c’est pour autant que ce nœud rend compte d’un certain nombre d’inscriptions par quoi des surfaces se répondent, que nous verrons que l’inconscient peut être responsable de la réduction du symptôme. »

De fait on s’aperçoit dans le texte freudien que ces trois catégories, inhibition, symptôme et angoisse  ne peuvent être que nouées ensemble et c’est ce que Lacan avait symbolisé avec le nœud  borroméen. L’inhibition est liée au rond de l’imaginaire, le symptôme au symbolique et l’angoisse au Réel. Ils viennent tous les trois se rencontrer autour de l’objet a :

Pour les représenter Lacan ouvre chacun de ces trois ronds pour les transformer en droite à l’infini.

Si on voulait représenter ce nouage sur le graphe du désir il me semble, Claire, que,  comme vous le suggérez, le tout devrait venir se conjoindre au niveau du message, en signifié de grand A. Le plus difficile ce serait de reconstituer le trajet de l’angoisse à partir des trois lieux où elle s’inscrit au niveau de l’imaginaire comme signal dans le moi, au niveau du fantasme dans la rencontre du sujet avec le désir de l’Autre, et au niveau du Signifiant de grand A barré, en tant qu’angoisse de réel. Alors que dans le N.B les trois lieux de l’angoisse viennent se conjoindre au point de l’objet a et également au symptôme et à l’inhibition.

Voici les inscriptions sur le noeud borroméen

J’ ai simplifié ces inscriptions pour pouvoir repérer mieux les trois registres qui nous intéressent :


Le nouage des trois ronds ouverts Inhibition, symptôme angoisse se fait autour de l’objet a (en jaune au coeur du noeud, c’est lui qu’ils viennent en quelque sorte entourer. Si on reprend la phobie du petit Hans, son inhibition est celle de ne pouvoir aller dans la rue, son symptôme, celui d’être mordu par un cheval, l’angoisse pouvant surgir du franchissement de cette limite.
Pour l’Homme aux loups, son inhibition était liée à l’acte d’ouvrir un livre d’images sur lequel figurait un loup dressé pour éviter le surgissement de l’angoisse.

 

 

 

Un autre point mérite d’être élucidé :

Alors que dans ce séminaire RSI Lacan représente le symptôme par l’espace tracé entre le rond du symbolique et ce même rond ouvert et transformé en droite à l’infini, dans La troisième, soit son troisième discours de Rome, le symptôme est représenté cette fois-ci par l’espace formé par le rond du Réel.

Comme pourrait-on expliquer ce changement de lieu du symptôme. Je pense que dans la première représentation, le symptôme est comme l’appelle Lacan, une fleur du symbolique, une fleur du symbolique qui doit être interprétée tandis que dans la troisième, il prend le symptôme comme une manifestation du Réel. Les deux approches ne se contredisent pas mais se complètent. Notre lecture du texte freudien Inhibition, symptôme, angoisse, permet d’éclairer ces deux localisations sur le nœud borroméen. On peut en effet y lire le symptôme comme manifestation du désir inconscient et le symptôme comme répétition de l’événement traumatique. On peut pour cela reprendre à nouveau l’exemple de l’Homme aux loups, son rêve satisfaction de désir, désir d’être aimé de son père et d’en recevoir des enfants/cadeaux, et d’autre part  évocation de la scène primitive qui provoque l’angoisse.

 

 Liliane Fainsilber

 

 

 

 

 

 



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