Dans « le cours de l’analyse actuelle », p. 287, il y est de bout en bout question d’argent, des subsides donnés par la communauté analytique, puisque Freud faisait une collecte, en faveur de l’Homme aux loups, le fait que ce dernier avait caché à Freud le capital qu’il possédait sous la forme de ses bijoux, les consultations avec les dermatologues et les médecins qu’il payait ou qu’il ne payait pas. Ce point étant lié par lui, comme dans l’histoire de Dora à la puissance virile. Il s’agissait d’en avoir ou pas.
D’Hamlet à Timon d’Athènes, l’aversion de la sexualité
Dans l’interprétation des rêves, Freud évoque pour la première fois la tragédie d’Hamlet en la comparant à celle d’Œdipe Roi (p.230). Il souligne le fait qu’entre les deux tragédies le travail de refoulement a eu lieu. Dans Hamlet on ne retrouve plus comme traces de ces désirs oedipiens que les scrupules de conscience du héros et son impossibilité d’agir. Freud le qualifie d’hystérique ce qui en soit est quand même surprenant puisqu’on ne trouve pas chez lui trace de ce que Freud a qualifié de saut dans le corporel qui caractérise la névrose hystérique mais sans doute Freud a-t-il retenu cette troisième forme d’identification qu’il a décrite, l’identification hystérique au désir de l’Autre, en tant qu’ Hamlet s’était identifié à son oncle, celui qui avait réalisé son vœu le plus secret, celui de coucher avec sa mère et de tuer son père. Dans la même veine il évoque aussi cet autre symptôme que nous retrouvons chez Dora, celui du dégoût de la sexualité. Freud utilise même le terme d’aversion : « L’horreur qui devrait le pousser à la vengeance est remplacée par des remords, des scrupules de conscience. Il lui semble qu’à y regarder de plus près qu’il n’est pas meilleur que le pécheur qu’il veut punir. Je viens de traduire en termes conscients ce qui doit demeurer inconscient dans l’âme du héros ; si on dit après cela qu’Hamlet était hystérique, ce ne sera qu’une des conséquences de mon interprétation. L’aversion pour la sexualité que trahissent ses conversations avec Ophélie, concorde avec ce symptôme. Cette aversion qui devait grandir toujours davantage chez le poète, dans les années qui suivirent, jusqu’à atteindre son point culminant dans Timon d’Athènes. »
« Sous la pantoufle de sa femme »… et de ses psychanalystes
Très surprenant : alors que dans les trois premiers chapitres j’ai trouvé l’approche analytique de Ruth très pertinente, soudain dans ce nouveau chapitre « Le cours de l’analyse actuelle » elle est très antipathique. Je la trouve culottée et trop sûre d’elle et même animée de mauvaises intentions à l’égard de son analysant. En bref le contre-transfert semble plutôt négatif.
Les effets de la lettre de Freud sur l’Homme aux loups
Le 6 juin L’homme aux loups répondit à la lettre de Freud[1] et à la question qu’il lui avait posé : avait-il vu avant ou après son rêve des loups, l’opéra La Dame du pique ? L’homme aux loups lui avait répondu du tac au tac en lui apportant deux nouveaux souvenirs de castration, l’un portant sur la castration des étalons, l’autre évoquant une intervention chirurgicale chez une parente ayant des orteils surnuméraires et qu’on lui avait enlevé. Ce registre de la castration n’est ni symbolique, ni imaginaire, elle porte sur le Réel.
La note de Ruth Mack Brunswick ou comment la vérité sort de la bouche des analysants
Au fond, les symptômes de Sergeï, son activité quasi-délirante à propos de son nez et de ses dents, se déploient entre deux repères de temps tous deux en rapport avec Freud, deux interventions de Freud, la première réelle, son opération sur la mâchoire pour tenter d’enrayer l’évolution de son cancer, la seconde une intervention psychique, là aussi dans le réel, celle qui avait consisté à lui demander par lettre et à nouveau des détails concernant son rêve des loups.
Les symptômes de l’Homme aux loups comme un appel désespéré à la castration symbolique
Ce chapitre écrit par Ruth Mack Brunswick « Historique de la maladie actuelle » est un extraordinaire document clinique, il devrait être utilisé comme test pour mesurer les dons d’interprétation de celui ou de celle qui souhaiterait devenir psychanalyste – je plaisante bien sûr – par contre il important de souligner que pour s’y retrouver dans ce véritable imbroglio il est absolument nécessaire d’utiliser les trois registres lacaniens du réel, de l’imaginaire et du symbolique et notamment de les utiliser à propos de ces fantasmes de castration imaginaire que l’Homme aux loups essaie de faire réaliser dans le réel, par des opérations sur son nez ou sur ses dents, faute d’avoir pu effectuer, par rapport au désir de Freud, une vraie castration symbolique, castration qui consiste à séparer son désir du désir de l’Autre. En effet l’Homme aux loups est comme une mouche qui se débat en vain dans une immense toile d’araignée, celle du désir de Freud.
L’homme aux loups entre dermatologues, dentistes et analystes
Sur deux trois pages les déboires de l’homme aux loups à propos de son nez sont abondamment décrits, Ruth Mack Brunswick[1] ne nous épargne rien mais au milieu de ces nombreux détails j’ai repéré trois points qui ont attiré tout spécialement mon attention
Une maladresse de style comme formation de l’inconscient
Je vous propose à la lecture une petite formation de l’inconscient qui, je crois, n’a jamais été encore décrite : celle d’une maladresse de style qui n’est pas en mon honneur : Nous étions entrain de travailler, dans notre groupe de lecture des cinq psychanalyses, le début du texte de l’Homme aux rats. Freud essaie de décrire le mieux possible le grand délire obsessionnel de Ernst Lanzer, toutes les prouesses qu’il a du faire pour tenter de rembourser une dette qu’il n’avait jamais contractée au lieutenant A.
C’était un jour de grandes manœuvres – Le texte de l’Homme aux rats
Début du récit de la grande obsession des rats
Au cours de cette deuxième séance, Ernst va se décider à parler de ce pourquoi il est venu, ce qu’on appellera sa grande obsession des rats. Elle se trouve décrite dans ce qu’on a nommé Journal d’une analyse.
Au cours de ce récit plusieurs fils vont venir d’entremêler en un écheveau difficilement compréhensible, tout au moins en ce début d’analyse, et il faut toute la patience et la vive intelligence de Freud pour arriver à s’y retrouver. C’est l’intérêt de ce compte-rendu des séances de pouvoir en suivre le récit tel qu’il s’est présenté, avec ses incohérences et ses parties élidées et surtout l’apparition d’une flambée de transfert, où Freud devient, même s’il ne le souhaite pas tellement, dès cette seconde séance, le « capitaine cruel ».
Métaphores et métonymies

Lacan a rapproché la métaphore et la métonymie de ces deux mécanismes du travail du rêve que sont la condensation et le déplacement. Ces termes méritent donc d’être définis, analysés et comparés entre eux avant de pouvoir s’inscrire sur le graphe du désir.
J’ai commencé par glaner un certain nombre de ces figures de style et de ces mécanismes et tout d’abord quelques métaphores qui sont pour la plupart des métaphores poétiques





