Les cinq psychanalyses

Quelques notes sur «  la signification du phallus »

Donc en tout cas, pour moi, ce qui s’est bien éclairci, c’est le fait qu’une femme hystérique ne s’est pas encore inscrite dans la fonction phallique comme une femme, mais elle en montre en quelque sorte le chemin, puisque ce que dit Lacan Dora cherche en madame K. le secret de sa propre féminité. Au reste dans une des séances d’un discours qui ne serait pas du semblant, une de celles justement il met en place les formules de la sexuation, Lacan indique que sur ce chemin de l’inscription d’une femme dans la fonction phallique, l’hystérique joue le rôle d’un « schéma fonctionnel, si vous savez ce que c’est, c’est la portée de ma formule du désir insatisfait » .

Relire les cinq psychanalyses

Lacan va donc expliciter,  dans ce texte consacré à l’Homme aux rats, le mythe individuel du névrosé, en quoi l’Œdipe est le mythe au cœur de l’expérience analytique mais un mythe qu’il faut en quelque sorte compléter, complexifier, et même réactualiser.  Mais il commence par se lancer dans une sorte de justification de ce choix. : pourquoi faudrait–il revenir sur l’étude de ces cinq psychanalyses ? Les critiques ne manquent pas à ce propos et même encore de nos jours

« Avant-propos » de la première des cinq psychanalyses

Je vois surtout dans cet avant-propos, celui qui introduit la première des cinq psychanalyses,  une argumentation nourrie rédigée à l’avance à l’usage de ces futurs détracteurs. Ce qui le laisse penser c’est le peu de succès qu’a eu son livre de l’Interprétation des rêves et le scandale qu’a provoqué quelques années après, ses trois essais sur la théorie de la sexualité.
Il prend en quelque sorte les devants.
Je passe sur l’exposition de ses scrupules ainsi que sur la difficulté d’exposer un cas et ceci sans prendre de notes, pour arriver directement page 3 à cette question de l’interprétation des rêves.
Freud comptait appeler ce texte : « Rêve et hystérie » pour montrer comment  » l’interprétation des rêves s’entrelace à l’histoire du traitement « . Et il faut remarquer ce terme  » histoire du traitement  » il ne s’agit plus de l’histoire de Dora telle qu’elle l’a racontée au départ, mais de ce qui s’est passé dans l’analyse, cela devient l’histoire de Freud et de Dora, peut-on se risquer à dire que c’est l’histoire des démêlés de Freud avec Dora.

Par ailleurs, avez-vous remarqué combien dans ce texte Freud parle souvent de « technique ».
C’est ce terme qui m’a sauté aux yeux en relisant Dora.
Je trouve que ça vaudrait la peine de s’interroger, à partir de ce texte de Freud sur les rapports qui existent et qui ne sont pas souvent abordé entre
certes la clinique et la théorie analytique mais aussi avec la technique, qui est à proprement parler ce qu’on pourrait appeler le métier du psychanalyste, son tour de main, puis plus mystérieux, celui de l’éthique de la psychanalyse.

Du bon usage de la dialectique : La mise au monde de la vérité du sujet

 

13308295_979684865414272_4711145515416470764_oLacan avait consacré les premières années de son séminaire à une rigoureuse relecture des Cinq psychanalyses de Freud. Ce qui est resté de sa lecture de Dora c’est le texte « Intervention sur le transfert » .

Il part de cette première définition  » La psychanalyse est une expérience dialectique  » et c’est en référence à cette expérience, qu’il compte aborder la question du transfert.

Il  va en effet ne le  » définir (qu’) en termes de pure expérience dialectique  »

Je vais suivre ligne à ligne, de la page 216 à 218, ce que Lacan développe de cette expérience dialectique dans laquelle le concept du transfert peut être abordé comme étant à la fois l’obstacle mais aussi le moteur de cette expérience. C’est en effet grâce à lui que se produisent à chaque fois des renversements dialectiques qui donnent naissance à une  » autre  » vérité. Je mets cette autre entre guillemets parce que ce fait mérite d’être précisé avec le vif de la clinique et notamment par rapport à l’histoire de Dora.

Rilke et ses « lions intérieurs »

lionsDans quelques-unes de ses  lettres à Merline, Rilke a une sorte de pré-science analytique des mécanismes de la sublimation, en quoi elle exige un retour à l’objet perdu, célébré en tant que tel, au détriment des objets d’amour au cœur desquels l’objet perdu pourrait être recherché. Il tente d’expliquer à son amante pourquoi, dans une certaine mesure, il renonce à elle : C’est en effet en cela qu’il parle de sacrifice. Il sacrifie  ses objets d’amour, pour retourner, par son art,  aux sources de son être et, au cœur de celui-ci, à son objet perdu, à ce Das Ding dont Lacan a dégagé le concept à partir du texte freudien. Outre la subtile description de ce mécanisme de la sublimation, c’est intéressant de voir surgir sous sa plume, en ses confins de l’être, des animaux phobiques, des montres réveillés par lui, ses « lions intérieurs ».

Comment Lacan introduit, dans l’analyse du Petit-Hans, la « castration symbolique »

Au cours de la séance du 6 mars 1956, Lacan commence à nous donner son fil de lecture de l’analyse du Petit Hans avec l’aide de son tableau de la frustration, castration, privation. Il y met notamment en avant ce qu’est la castration symbolique effectuée par l’agent qui est le père réel et qui porte sur un objet imaginaire. Où Lacan va-t-il repérer ce qu’est cette castration symbolique ? En un point précis de cette observation, le fantasme du plombier qui est venu lui enlever le derrière et le fait-pipi avec une tenaille et surtout lui en mettre un neuf et un plus beau ( p. 163 des cinq psychanalyses). Il considère et à juste titre que ce fantasme marque « la guérison de sa phobie ». Voici le fragment du texte de Freud qui le décrit : « L’après-midi, il se risque pour la première fois dans le Stadepark…

19 – La caisse à bébés ou comment Hans se venge de son père en se moquant de lui

chevalDans ce que rapporte son père de la journée du 11 avril, nous avons toujours le thème de la baignoire, après le fantasme au perçoir, il déploie le fantasme que sa mère le noie dans la baignoire, tout comme il a souhaité que sa petite sœur soit elle aussi noyée et qu’il en soit ainsi définitivement débarrassé ( p. 139 des cinq psychanalyses ) :

« Moi – Quand tu étais là pendant que maman donnait son bain à Anna, tu as peut-être souhaité qu’elle lâchât les mains, afin qu’Anna tomba dans l’eau ?
Hans – Oui.
Nous croyons que le père de Hans a ici deviné très juste. »

17 – L’ennui dans l’analyse

Freud et le Petit-HansNous en étions au « Wegen/Wagen » de la page 133 mais j’ai repris quelques pages avant à partir page 130 de l’observation du Petit-Hans, dans les cinq psychanalyses).
Ce commentaire de Freud arrive en effet à point nommé : « L’analyse fait peu de progrès ; son exposé je le crains, va bientôt ennuyer le lecteur. Il est cependant dans toute psychanalyse de telles périodes d’obscurité. Hans va bientôt pénétrer dans une région où nous ne nous attendions pas à le voir aller ».

8- Le fantasme des deux girafes

 Ce fantasme est une étape essentielle de ce que Lacan a appelé cette « phobie en marche ». Il est mentionné page 116 et 117 des cinq psychanalyses. Dans la nuit du 26 au 27 mars, donc plus de trois mois après le début de ses troubles, le père du Petit Hans rapporte ainsi ce fantasme de deux girafes :

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