Le rêve de « Rabbi Savonarole »

J’ai commencé à lire le chapitre qui suit « la défiguration du rêve ». Il a pour titre « Matériel et source du rêve ».

Avant de nous lancer dans la lecture du grand rêve de la monographie botanique, il y a trois petits rêves que Freud rapporte dans les notes de la page 206 et 207 sur lesquels nous pouvons nous arrêter même si, à une première lecture, j’ai l’impression que nous ne pourrons pas en tirer grand chose, tout au moins pour le premier, car il n’est pas interprété.  Pour moi, ce qu’ils m’ont surtout surtout évoqués ce sont ces fameuses « périodes » de 28 et de 23 jours qui soutiennent la thèse de la bisexualité humaine de Fliess. Par ces deux rêves, on constate que Freud commence à la critiquer, qu’il n’y croit plus trop.

En fait on s’aperçoit que dans ce contexte il n’utilise ces trois rêves que pour démontrer que la source du rêve est toujours à trouver dans un petit événement anodin survenu la veille et que de plus, c’est en suivant ce fil, ce petit reste diurne, qu’on peut le plus facilement et le plus vite arriver à son contenu latent.

Dans ces rêves, nous sommes d’abord transportés à Florence en compagnie de Savonarole, dans le second, à Syracuse auprès de la fontaine d’Aréthuse, en compagnie d’Archimède. Nous sommes à même d’apprécier l’immense culture de Freud mais aussi ses désirs belliqueux qui transparaissent notamment dans le dernier rêve.

Voici donc le premier, le rêve de « Rabbi Savonarole » : «  Quelque par en Italie. Trois filles me montrent des petits objets précieux ; du genre de ceux qu’on trouve chez les antiquaires, et là-dessus viennent s’asseoir sur mes genoux. A propos de l’une des pièces en question je dis : mais c’est moi qui vous ai fourni ça. Ce disant je vois nettement un petit masque de profil avec les traits taillés à la serpe de Savonarole. »

Après l’énoncé de ce rêve, Freud en effet ne se pose pas la question de son sens, mais celle de savoir quand il a vu la dernière fois le portait de Savonarole. C’était au cours de son dernier voyage en Italie, les 4 et 5 septembre… soit 28 jours avant son rêve, soit une période féminine, selon le petit délire de Fliess. Mais Freud rajoute que « par malheur pour la force démonstratrice de cet exemple », de fait dans la journée qui avait précédé ce rêve, il avait rencontré par hasard « un confrère très sérieux mais d’aspect sinistre » qu’il avait baptisé de ce sobriquet « Rabbi Savonarole » et que c’était donc cette rencontre qui avait provoqué son rêve. Du coup nous ne saurons rien des autres associations du rêve y compris celles de ces  trois filles qui étaient venues s’asseoir sur ses genoux  ! C’est bien dommage.

 

 

 

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