Nous en sommes au chapitre II qui a pour titre « Histoire de la maladie et analyse », et au second sous-chapitre, à la page 110 des cinq psychanalyses. L’histoire de la maladie est composée des notes que le père du Petit-Hans faisait parvenir à Freud et bien sûr accompagné de ses commentaires. Ces notes sont datées et d’ailleurs divisées en sous-chapitres. Les premières que nous avons déjà relues sont datées des premiers jours de janvier de l’année 1908. lElles relatent l’apparition de sa phobie. Elle a été précédée d’un rêve d’angoisse. Il ne peut pas sortir dans la rue parce qu’il a peur qu’un cheval ne le morde. Nous avons déjà mis en place la triade, inhibition, symptôme, angoisse.
1 – Lacan et les cinq psychanalyses

Il n’existe pas de sténotypies des trois premiers séminaires de Lacan (ceux avant les Ecrits techniques de Freud), on sait qu’ils avaient été consacrés aux commentaires de trois des cinq psychanalyses, celle de Dora, de l’Homme aux rats et de l’Homme aux loups. Cependant restent, pour Dora, le texte des Ecrits, « Intervention sur le transfert », pour L’homme aux rats, « Le mythe individuel du névrosé ». Quelques notes existent témoignant du séminaire consacré à l’Homme aux loups, notes prises par ses auditeurs. on en retrouve quelques traces dans les séminaires qui suivent, ceux des Ecrits techniques et du moi dans la théorie analytique ainsi d’ailleurs que dans les séminaire des Psychoses à propos du concept de la forclusion.
Le Petit Hans, objet d’étude de son père, en relation avec le désir de Freud

Mon impression était juste : l’apparition de la phobie du Petit Hans, sa peur d’être mordu par un cheval, vient en second après l’étude attentive voire intrusive que fait le père de sa sexualité infantile et surtout de sa curiosité sexuelle à propos du « Fait-pipi ». Il a fait de son propre enfant un objet d’études, un objet qu’il partage avec Freud.
Première apparition de ce que Freud nomme complexe de castration dans les « Trois essais sur la théorie de la sexualité »
Chacune des cinq psychanalyses a à trouver place dans l’ensemble de l’oeuvre freudienne. Ainsi l’analyse de Dora devait avoir primitivement pour titre « Rêve et hystérie » et se trouvait être un complément à « L’interprétation des rêves ». De même l’analyse du Petit Hans, comme Freud nous l’annonce, prend la suite des « Trois essais sur la théorie de la sexualité ». Ces derniers datent de 1905 et le Petit Hans de 1909.
Du désir insatisfait de l’hystérique au désir impossible de l’obsessionnel
Liliane Fainsilber
Dans cette séance du 14 mai 1958 Lacan commence une approche de la structure de la névrose obsessionnelle en prenant appui sur les trois textes de Maurice Bouvet qui méritent tous trois une lecture approfondie.
Ce sont respectivement, « Le moi dans la névrose obsessionnelle », « Importance de l’aspect homosexuel du transfert dans le traitement de quatre cas de névrose obsessionnelle masculine », « Les incidences thérapeutiques de la prise de conscience de l’envie du pénis dans la névrose obsessionnelle féminine ».
« La névrose a pour issue la destruction du complexe d’Œdipe »
Je livre à votre méditation ce passage d’inhibition, symptôme et angoisse, à la fin du chapitre VI : « Etudier la formation de symptôme, dans d’autres affections que les phobies, l’hystérie de conversion et la névrose obsessionnelle, serait infructueux, car nous en savons trop peu à leur sujet. Mais l’examen critique et comparé de ces trois névroses fait apparaître un problème d’importance et qui ne saurait plus être ajourné. Chacune de ces trois névroses a pour issue la destruction du complexe d’Œdipe et nous admettons que dans toutes les trois l’angoisse de castration est ce qui conduit le moi à se dresser contre le processus pulsionnel du (moi) ». Ici, c’est un lapsus sans doute du traducteur. Bien sûr il faut lire « le processus pulsionnel du ça ».
Donc, premier point, nous sommes en 1925 et pourtant Freud déclare en quelque sorte forfait quant à son approche des deux autres structures, psychose et perversion, alors qu’il a pourtant déjà écrit son texte sur le Président Schreber mais n’a pas trouvé le mécanisme spécifique qui détermine le phénomène psychotique.
Mais le second point important est celui de la « destruction » du complexe d’Œdipe comme issue de la névrose.
les origines pulsionnelles de nos plus hautes performances intellectuelles
L’isolation, un des mécanismes de fabrication du symptôme
Après l’annulation rétroactive, dans ce chapitre VI d’inhibition, symptôme et Angoisse, Freud décrit ce qu’il appelle le mécanisme de l’isolation. Il rattache ce mécanisme d’une part à la concentration intellectuelle, d’autre part au tabou du toucher. Comme pour le premier mécanisme décrit, celui de l’annulation rétrospective, Freud décrit d’une part ce qui relève de la structure de la névrose et d’autre part de la « normalité ».
L’annulation rétroactive et la compulsion de répétition
Dans ma version d’inhibition, symptôme et angoisse, celle du PUF, couverture marron, la page 42 est à la fois magistrale et terriblement difficile, ce qui est surprenant dans ce passage c’est qu’il rapproche l’un des mécanismes typiques des modes de refoulement de la névrose obsessionnelle, ce qu’il appelle « annulation rétroactive » de la « compulsion de répétition ».
« Il n’y a d’analyse que du particulier »
On éprouve le besoin d’aérer un peu ce texte d’Inhibition, symptôme et angoisse, en repartant en effet d’exemples cliniques, car il relève d’une sorte de mathématisation de la théorie freudienne. C’est ce que Freud lui-même a fait en reprenant, pour les comparer l’analyse de la phobie de l’Homme aux loups et celle du Petit Hans
Une hallucination hystérique, celle de Lucy, une des héroïnes des Etudes sur l’hystérie

En ce début de chapitre V d’Inhibition, symptôme et angoisse, Freud évoque tout d’abord la question des symptômes hystériques et notamment la question de ce qu’est la « conversion hystérique », comment ils deviennent symptômes corporels :