
Avant de quitter ce rêve de la Dame qui avait fabriqué un chapeau de paille avec les organes génitaux de son mari afin de se protéger de son angoisse de tentation, celle de se laisser séduire, chemin faisant, par de beaux militaires, je vous propose en effet de relire un petit texte de Freud assez peu connu qui porte pour titre “ Relation entre un symbole et un symptôme”. C’est là en effet qu’on retrouve ce symbole du chapeau et utilisé cette fois-ci non pas pour fabriquer un rêve mais quelques symptômes obsessionnels, du côté des femmes, mais aussi des hommes. Il commence ainsi son article “ Le chapeau, comme symbole de l’organe génital, surtout de l’organe génital masculin, voilà qui est suffisamment établi par l’expérience de l’analyse des rêves. Mais, ajoute-t-il, on ne peut affirmer que ce symbole soit ce ceux que l’on comprenne”.
De fait Freud nous explique qu’il y a en somme un glissement du bas vers le haut et que c’est tout d”abord la tête qui représente les organes génitaux et que le chapeau en est à son tour la représentation, par glissement de la tête au chapeau, en tant qu’il en est nous seulement le prolongement mais aussi ce qui peut être ôté. Le chapeau met donc en scène le fait de pouvoir en être privé. Il est amovible.
Ce rêve qui est l’un de mes préférés (avec le rêve de Freud dit du WC de campagne)l figure sous le nom rêve d’une agoraphobique et se trouve p. 401 de la traduction Jean-Pierre Lefèbvre.
Le rêve se trouve page 383, dans le chapitre “ le travail du rêve ». Il est introduit par une phrase que, pour ma part, je n’arrive pas à bien déchiffrer. Je vous laisse donc le soin de l’interpréter vous-même en fonction du rêve cité : “Je ferai maintenant état d’un rêve dans l’analyse duquel la mise en image de la pensée abstraite joue un rôle plus important. La différence entre ce genre d’interprétation du rêve et celle qui recourt au symbolisme ne cesse pas cependant d’être très nettement marquée. Dans l’interprétation symbolique du rêve, la clé de la symbolisation est arbitrairement choisie par l’interprète du rêve. Dans les cas de déguisements langagiers que nous citons, les clés sont universellement connues et données par la pratique langagière établie. Quand on dispose de la bonne idée spontanée dans la bonne circonstance, on peut aussi, soit totalement, soit partiellement résoudre des rêves de cette nature indépendamment des indications du rêveur.”
Ce rêve est décrit par Freud dans le grand chapitre qui concerne “Le travail du rêve”. Il fait partie des rêves où il y a inhibition, l’impossibilité de faire quelque chose. Il se trouve à la page 377 de la traduction Jean-Pierre Lefébvre. 

Nous travaillons toujours pas à pas, ce chapitre intitulé « le travail du rêve ». Nous en sommes à la page 372 et 373, où Freud nous présente deux rêves, l’un étant très précis, très net, l’autre, flou et confus. 

